Crise politique en Guinée : l’histoire se répète…

Il y a un an, presque jour pour jour, l’opposition républicaine préparait une manifestation sans cesse reportée car Alpha Condé sautait encore entre deux avions, alors que les opposants voulaient que la revendication se passe sous les yeux du l’Exécutif. Le 2 août, puis le 10. La pression était telle que le président était obligé de rallier Conakry quitte à ajourner son rendez-vous médical planifié à Paris, suite à la crise enregistrée chez Idris Déby.

L’homme était rentré donc plus tôt que prévu parce que les opposants avaient menacé d’intenter des actions auprès du Parlement pour prononcer la vacance du pouvoir. « S’il continue à se promener dans les avions, nous allons demander aux députés de déclarer la vacance du pouvoir. Parce que la Guinée ne continuera pas être dirigée par des avions », menaçait le président du Bloc libéral, Faya Milimono.

Alpha Condé était malade, souffrant, mais plus personne ne pipé mot. Pourtant, l’article 40 de la Constitution stipule : « Est considéré comme empêchement définitif, l’incapacité physique ou mentale dûment constatée par un collège de médecins spécialistes rendant le président de la République inapte à exercer les charges de sa fonction. »

La disposition suivante ajoute : «La vacance de la fonction de président de la République consécutive au décès, à la démission, ou à toute autre cause d’empêchement définitif est déclarée par la Cour constitutionnelle. La Cour Constitutionnelle, saisie à cette fin, par le président de l’Assemblée nationale, en cas d’empêchement de celui-ci par l’un des vice-présidents, à défaut par un groupe de députés représentant le quart (1/4) de l’Assemblée nationale, déclare la vacance de pouvoir. »

Une bonne semaine de jeu du chat et de la souris aura échaudé Alpha Condé. Il posa son baluchon pour faire face à la crise. On est aujourd’hui en août, l’histoire se répète mais, la tension ne semble plus être la même. Le mobile est connu : ceux qui criaient et étoffaient l’opposition, ne serait-ce que, de part l’effectif, pas de militants, sont allés au RPG, ou choisi une autre option. Mais, Dalein seul ou presque, veut affronter le défi. D’ailleurs, ce qui n’est jamais obtenu a été obtenu, suite à des meetings. Le gros acte posé – mais sans être pris en compte par Dalein – par Alpha Condé, c’est de demander aux siens de faire appliquer les accords signés.

Camouflage ou pas, la marche de demain aura lieu.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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