CRISE SYNDICALE : Une réplique de la grève…

Comme les séismes, la grève générale déclenchée en février dernier par l’inter-centrale syndicale, CNTG-USTG, a des répliques. Une d’entre elle nous saute aujourd’hui à la figure à la veille même de la célébration du 1er mai. En effet, s’il est vrai qu’entre Amadou Diallo et Yamoussa Touré, les querelles remontent de plusieurs années, il y a lieu de préciser que le dernier regain de tension qui a donné lieu à une plainte du clan du second contre le premier, c’est bien la distribution des postes devant représenter le mouvement syndical à l’Institut national de l’assurance maladie obligatoire (INAMO) et dans la Caisse nationale de prévoyance sociale (CNPS). S’arrogeant le titre de président de tout le Mouvement syndical guinéen, Amadou Diallo aurait choisi les représentants uniquement à la CNTG et à l’USTG. Et c’est ce qui remet le feu aux poudres.

Mais il ne faut pas perdre de vue que cette attitude de sa part est inspirée par les accords qui avaient permis de suspendre la grève déclenchée le 15 février. Dans ces accords, le gouvernement avait proposé que les syndicalistes fassent partie des Conseils d’administration des deux institutions. D’ailleurs, quelques-uns avaient estimé que c’est la principale offre qui avait poussé les syndicalistes à lâcher du lest sans obtenir grand-chose par rapport à leurs autres revendications. Mais il faut bien rappeler que pour la partie syndicale, ces accords n’avaient été signés que par la CNTG et l’USTG. Ces instances ont dû logiquement se dire que c’est à eux qu’il revient de meubler les postes octroyés au syndicat.

Et c’est à ce niveau que la complicité de l’Etat apparait. Car s’il est vrai que ces deux centrales syndicales sont bien celles qui avaient réussi à pousser le gouvernement au mur, ce dernier aurait pu, en tant que garant de l’unité nationale, faire montre de lucidité en réalisant que le mouvement syndical ne se résume pas qu’à ces deux centrales. Ne l’ayant pas fait, il s’est implicitement (ou non) rendu coupable d’un parti pris. Et c’est à ce sujet que la justice se trouve désormais interpellée. Rendez-vous est pris pour le 4 mai 2016.

Anna Diakité, www.kababachir.com

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