Curage des caniveaux : près de 10 milliards GNF pour un marché public douteux !

Pour enlever le marché portant sur « le curage des caniveaux ordinaires, le curage des caniveaux spécifiques, le curage des avaloirs, le transfèrement des produits de curage à la décharge », notamment à Conakry, la capitale, l’Etat a débloqué, à travers le ministère des Travaux publics que dirige Moustapha Naité quelque 9 milliards 600 millions GNF.

Dans la plus grande propagande, l’activité a été menée le 9 juin par Kassory Fofana. A travers les artères principales de ma capitale, des tas d’immondices continuent d’embellir les routes obscures et cabossées de Conakry.  C’est à se demander vraiment si tout ce magot a été utilisé et à quelle fin. Le premier indice qui prouve le doute sur l’efficacité de l’option gouvernementale, c’est le type de marché choisi le ministre de l’Économie et des finances, Mamadi Camara : une procédure d’entente directe pour la passation du marché relatif aux travaux d’urgence d’assainissement de la ville de Conakry. Un marché douteux, d’autant plus que la démarche biaise le Code des marchés publics.

En effet, il y a une confusion en amont quant à l’autorité contractante. Le ministère de la Jeunesse et Emploi jeune s’est vu prendre de court par les TP de Naité, pendant que ce sont cent jeunes qui doivent exécuter le marché. Le second aspect est que ce curage de caniveaux spécifiques, le curage des avaloirs, le transfèrement des produits de curage à la décharge ne devrait pas être un marché d’entente directe. En cause : les TP et les Finances n’ont pas besoin d’un brevet d’invention de l’entrepreneur ou des exécutants du marché pour le passer par ce mode de passation. Ce n’est non plus un marché de Défense nationale. Ce que Naité et son bataclan appellent extrême urgence s’est révélé fausse, pour en leur qualité d’autorité contractante, exécuter les travaux en lieu et place du fournisseur ou du prestataire défaillant. Les TP se sont mués en autorité contractante et du coup, ce département devrait pouvoir  prévoir les circonstances qui sont à l’origine de l’urgence. Rien n’aura été. Il suffit de faire le tour de Conakry.

Les 9 milliards 600 millions GNF semblent avoir pris le chemin des poches occultes. Ce chemin peut partir de la Présidence de la République, en passant par la Primature, jusqu’aux Finances et aux TP ainsi que chez Mouctar Diallo, à l’Emploi jeune. Pauvres de nous !

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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