Dalein (enfin) à la CRIEF : un lien avec le discours de Gambie ?

L’affaire remonte en février 2022 où Dalein Diallo a été visé par une enquête pour corruption présumée dans l’affaire Air Guinée. Même si l’intéressé avait dénoncé la volonté de salir sa « réputation et son honneur », les accusations portent sur la vente d’un bien de l’État concernant le Boeing 735, un Dash 7 et d’importantes pièces de rechange d’Air Guinée. A celle-ci, s’ajoutent les dalles de l’immeuble abritant le siège d’Air Guinée, mais aussi les installations d’Air Guinée basées à l’aéroport de Conakry.

Le Parquet a donc requis l’ouverture d’une information judiciaire pour des faits de malversations dans la passation des marchés publics, orruption, enrichissement illicite, détournement de deniers publics, recel de biens. Car, selon la CRIEF, citée par Guinée news, « Dans la cession de ce bien de l’État, certains cadres de l’État et un opérateur économique ont commis des infractions graves. Les personnes visées par cette enquête sont : M. Mamadou Cellou Dalein Diallo, à l’époque ministre des Transports et des Travaux publics, M. Cheick Amadou Camara, ministre de l’Économie et des Finances (au moment des faits), M. Ibrahima Camara, Directeur de privation au ministère de l’Économie et des Finances et M. Mamadou Sylla, opérateur économique. »

Comme on le voit, rapidement, l’information judiciaire requise par le Parquet s’est sitôt refermée. Même si on s’attendait de la convocation de Dalein à la CRIEF depuis février dernier, la coïncidence avec laquelle le discours tenu hier en Gambie et cette annonce de la CRIEF est sidérante.
Mais, Dalein ne doit jamais se faire d’illusions.

En attendant, voici l’extrait dudit discours : « Il faut qu’on soit prêt à continuer le combat. On a fait beaucoup de sacrifices, parfois beaucoup de concessions. Oui, c’est parfois nécessaire. Mais il faut qu’on continue. Il faut que la Guinée sorte de la dictature. Nous avions pensé qu’avec la chute de Alpha, qu’on allait se retrouver dans un cadre plus convivial y compris avec les militaires qui ont pris le pouvoir pour essayer de discuter calmement, sereinement, en tant que frères, pour décider des termes de la transition jusqu’à quand et qu’est-ce qu’il faut faire pour que le droit du peuple de choisir ses dirigeants soit assuré. »

Et Dalein Diallo d’ajouter : « Quelles sont les conditions à réunir et dans quel délai ? C’est simple. On a 181 partis en Guinée dit-on. On ne peut pas faire une réunion de 180 personnes et décider. Il faut choisir. Mais ce n’est pas toute la Guinée qui se retrouve dans une salle. Ce sont des délégations de ceux qui représentent la société.

On se retrouve, ceux qui connaissent, qui ont l’expérience des élections. Qu’est-ce qu’il faut faire ?
On va dire non, il faut un cadre juridique et réglementaire, c’est-à-dire, une constitution, un code électoral, un organe de gestion des élections qu’on définit. Après, sur le plan technique, il faut un fichier, il faut du matériel, il faut des urnes, il faut des bulletins. Dans quelles conditions et quel délai, on peut avoir ça. Et puis, on se met d’accord (…). »

Et de conclure : « Donc aujourd’hui, il y a des divergences. Nous avons demandé qu’il y ait un dialogue. Nous avons demandé d’accepter que la CEDEAO désigne un facilitateur mais vous savez les Guinéens ne se font pas confiance. Il y a une crise de confiance profonde. »

Jugez-en, sans jamais protéger pour autant cet autre justiciable qu’est Dalein Diallo.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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