DEBUT RAMADAN : A quel communiqué croire ?

Manifestement, par les temps qui courent, rien de ce qui se rapporte au gouvernement guinéen ne fonctionne en ce moment. Dès que les choses ont le sceau des autorités actuelles, elles sont fatalement affectées d’une manière ou d’une autre. On en a eu une autre confirmation avec l’attitude du secrétariat des affaires religieuses quant à l’annonce du début du mois de Ramadan en Guinée. Très tôt hier, ledit secrétariat a produit un communiqué en vertu duquel il informait du début du mois saint de jeûne musulman pour le mardi 7 juin. Aussitôt, l’information était distillée via les réseaux sociaux et les médias classiques. Puis, tard dans la nuit, alors quelques fidèles s’étaient déjà endormis, le même secrétariat s’est fendu d’un autre communiqué diffusé de manière inopinée sur la télévision nationale annonçant que le jeûne commençait ce lundi. Autrement, en l’espace de seulement 3 heures, la même instance en charge des questions de religion en Guinée produit deux communiqués qui se dédisent et sèment la pagaille au sein de la population.

Les citoyens qui n’hésitent pas à faire part de leurs critiques sur les réseaux sociaux imputent expliquent ce fonctionnement anachronique par plusieurs raisons. Un premier groupe pense que cette attitude symbolise le caractère arriéré de l’institution et de ceux qui en ont la charge. Autrement, dit un d’entre eux, avec toutes les connaissances que l’on a aujourd’hui et les moyens de communication dont on dispose, on aurait dû comprendre qu’entre l’Arabie Saoudite, le décalage horaire n’est que de trois heures. Et qu’en conséquence, si l’Arabie Saoudite fait sa Naaffiila (prières surérogatoires), la Guinée doit s’apprêter à faire autant, sans être obligée d’attendre l’observation du croissant lunaire par un temps pluvieux.

Un second groupe attribue les deux communiqués contradictoires au manque d’indépendance de l’instance en charge de la religion. Un d’entre les membres de ce groupe pense ainsi qu’après le premier communiqué, une injonction est venue de la hiérarchie pour ordonner l’annonce du début du jeûne à ce lundi. En gros, ce que dénonce cet internaute, c’est le fait que le secrétariat général aux affaires religieuses soit trop politique. Or, il est vrai qu’entre les agendas politiques et les principes de la foi, les points de convergence ne sont pas nécessairement légion.

Anna Diakité, www.kababachir.com

 

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