Déclaration des biens : Bamako n’est pas Conakry !

« On viole la loi de manière quotidienne. La constitution n’est pas respectée. On nous a annoncé que le Pr Alpha Condé aurait fait la faveur aux Guinéens en faisant la déclaration des biens. Mais vous n’avez jamais vu cela dans le Journal officiel. Avez-vous entendu parler de la déclaration de biens par le Premier ministre et les membres du gouvernement? Non. Alors qu’ils doivent le faire, au regard de la Constitution. Pourtant, le président a prêté serment de respecter et de faire respecter cette loi. »

Ce long extrait du leader du Bloc libéral date de longs mois, mais, il n’a jamais dissuadé les intéressés : les ministres et autres patrons des Institutions républicaines. A sa suite, pour endiguer l’enrichissement illicite Mamadou Sylla de l’UDG s’était dit favorable pour que les candidats aux présidentielles antérieures déclarent leurs biens. « C’est des choses sur lesquelles nous devons insister et encourager. Ça se fait au Sénégal et un peu partout». Certains députés de l’opposition avaient justement soulevé cette question. Mais, visiblement, ils n’ont pas été écoutés. Des ministres ont défilé devant les députés, là aussi, rien.

Kory Kondiano, au lieu de donner l’exemple, s’était contenté de dire qu’il n’a qu’un chat, une guitare et un chantier qui attend depuis des ans. Conakry n’est pas Bamako.

Là-bas en effet, selon l’AFP, les hauts fonctionnaires, « ont jusqu’à fin août pour faire une déclaration de biens», a brandi Moumouni Guindo, président de l’Office central de lutte contre l’enrichissement illicite (OCLCEI). « Le fonctionnaire assujetti qui manque à sa déclaration de biens avant fin août 2017 sera révoqué de ses fonctions et interdit d’exercer pendant cinq ans », a indiqué M. Guindo. En Guinée, on encourage les malversations et l’impunité. Au nom du changement.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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