Déclaration des biens : Kondiano, un contre-exemple ?

La déclaration des biens n’est pas d’actualité en Guinée. Même si, certains opposants ont multiplié leurs sorties médiatiques pour dénoncer cette entorse des lois de la Républiques. Ni le président de la République, ni celui de l’Assemblée nationale, encore moins des autres patrons d’institutions républicaines ou hauts cadres de l’Etat n’ont déclaré leurs biens devant les juridictions compétentes.

Ces dernières 48 heures, l’affaire est revenue sur la table au Parlement, à travers Ousmane Gaoula Diallo – encore lui – s’adressant directement à Claude Kondiano, à l’occasion de l’adoption de la loi sur la corruption.  « Si la loi sur la corruption est adoptée, la maison centrale aura beaucoup de clients. (…) le Bureau de l’Assemblée est passible de poursuite », assène le député UFDG avant d’aller affronter le colosse du Parlement : « A partir de cette date, on va vous contraindre à déclarer vos biens », rapporte un confrère. Une occasion pour l’intéressé de trancher : « Allez à la Cour Constitutionnelle. Depuis le 18 février, j’ai déclaré mes biens. Allez y vérifier. »

Et pourtant, le même Kondiano avait déclaré à l’Assemblée qu’il n’a qu’un chat, une guitare et un chantier qui attend depuis des ans. « On nous a annoncé que le Pr Alpha Condé aurait fait la faveur aux Guinéens en faisant la déclaration des biens. Mais vous n’avez jamais vu cela dans le Journal officiel. Avez-vous entendu parler de la déclaration de biens par le Premier ministre et les membres du gouvernement? Non. Alors qu’ils doivent le faire, au regard de la Constitution. Pourtant, le président a prêté serment de respecter et de faire respecter cette loi», s’était insurgé Faya Milimono du BL.

Pendant ce temps à Bamako, tout près, c’est ce sont les autorités compétentes qui ont intimé les hauts fonctionnaires de l’Etat de faire leur déclaration de biens. Et dans un délai de moins d’une semaine, sous passible de peines. Mais, comme nous l’écrivions il y a des jours, Bamako n’est pas Conakry.

 

Jeanne Fofana, Kababachir.com

 

 

 

 

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