Déclarations des biens : un faux débat ?

En quoi la déclaration des biens des ministres et autres hauts perchés de l’administration publique favorise-t-elle la lutte contre les enrichissements illicites ? Cette question est au centre de des débats. Il est certes clair que c’est un devoir constitutionnel pour les ministres et d’autres. Il est tout aussi vrai que la déclaration des biens s’est révélée comme un faux débat. C’est du moins ce que laisse entendre un enseignement en Finances publiques.

Pour Makanera Kaké (le jumeau de l’ex ministre d’Alpha Condé), faire des déclarations des biens, c’est formel. Dans le Démocrate, un hebdomadaire guinéen, cet enseignant d’Universités déroule toutes les raisons. D’abord, « On n’a pas la possibilité de suivre le revenu des Guinéens. Mais, c’est facile en Guinée, nous le savons tous. Les fonctionnaires guinéens, quand ils construisent, ils mettent le nom de leurs enfants, de leurs femmes, de leurs cousins. Donc, la déclaration est sans effet. Moi, par exemple, on me nomme ministre tout de suite, je déclare deux bâtiments. Je fais 50 bâtiments pendant que je suis ministre, je mets au nom de mes enfants ou de mes cousins ou ma maman.  Je connais même de cas où l’intéressé est décédé. Donc, pour éviter des problèmes, je déclare toujours les deux mais j’ai déjà fait 50, ou est le problème ? C’est comme ça que ça se passe. C’est un faux débat. C’est formel. »

Et Makanera Kaké d’ajouter : « Le problème, il faut pouvoir mettre en place tout un mécanisme pour au moins réduire cela. Par exemple, ceux qui ont l’autorisation de construction ou que le propriétaire d’un bâtiment qu’il puisse déterminer l’origine de sa richesse. Si moi, je dis, ma fille qui a 4 ans à une maison (R+5) quand même, la justice doit pouvoir trouver celui qui est derrière la fille et comment elle a gagné cet argent-là. Mais chez nous, la loi ne va pas jusqu’à ce point-là. Ici, on s’est limité à la déclaration formelle et on se limite là. De toute façon, on est dans le cadre constitutionnel. L’idée meurt dès après qu’on a terminé de faire. »

 

On ne peut pas être plus clair.

 

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

 

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