Dégel politique : La comédie Alpha Condé

Dans nos précédentes publications, nous nous efforçons d’alerter les Guinéens sur le risque de désillusion qui les guette au sujet de l’apaisement que connait aujourd’hui le pays. Nous fondant sur une certaine expérience qui a démontré que le président Alpha Condé ne respecte pas les engagements, nous prévoyons que cela ne risque pas de changer, avec les promesses qu’il a faites à Cellou Dalein Diallo, le 1er septembre 2016. Et très malheureusement, on a l’impression que les faits et les événements nous donnent raison. Adepte et rompu à la comédie, Alpha Condé vient de servir une pièce digne de ce que nous pensons de lui.

Recevant le mercredi dernier le leader de l’Union des forces du changement (UFC) et porte-parole de l’opposition républicaine, Aboubacar Sylla, le président de la République, devant les complaintes de l’opposant au sujet chronogramme publié par la CENI, décroche son téléphone est parle (l’a-t-il vraiment fait ?) avec un interlocuteur qu’il dit être Bakary Fofana, président de la CENI. L’exercice visait à assurer Aboubacar Sylla que le chef de l’Etat qu’il est n’a rien à voir avec le chronogramme et qu’il n’a nullement été consulté. Naïf, Aboubacar Sylla s’empresse de relayer l’entretien téléphonique, signe de la bonne foi d’Alpha Condé.

Problème ? Le lendemain, Bakary Fofana, de manière catégorique dément avoir été appelé par le président de la République. Que s’est-il passé alors ? On a déjà du mal à imaginer Aboubacar Sylla s’autoriser d’inventer l’appel téléphonique. De sa part, ce serait trop risqué surtout vu que c’est en rapport avec le chef de l’Etat. Alors, il ne reste plus que deux hypothèses. Soit, le président Alpha Condé a bluffé son opposant, en lui faisant croire qu’il appelle Bakary Fofana, alors qu’il n’en était rien. Ce qui donnerait une idée de jusqu’où le président de la République est capable d’aller pour arriver à ses fins. Soit, lui et le président de la CENI ont parfaitement mis en scène l’entretien téléphonique et que, conformément à une distribution des rôles bien pensée, le second se soit chargé de le démentir pour décrédibiliser le leader de l’UFC.

Dans les deux cas, le côté manipulateur du chef de l’Etat n’en est que plus évident. Et aux naïfs et autres idéalistes d’en tirer toutes les leçons qui s’imposent.

Fatim A. Sacko, www.kababachir.com

 

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