Dégradation du réseau routier: A qui incombe la responsabilité?

Malgré l’existence d’un fonds d’entretien routier (FIR), le réseau routier se dégrade de plus en plus en Guinée, de sorte que certaine voie routière devient même impraticable pendant la saison hivernale. Alors qu’un montant est prélévé pour chaque litre du carburant vendu à la pompe, afin d’alimenter le fonds d’entretien routier.
Pendant que les travaux de réhabilitation de la route Coyah-Mamou-Dabola, annoncés en fanfare, peine à démarrer, et les travaux de reconstruction du Pont de Linsan traine, le ministre des travaux publics, annonce la mise en place prochaine d’un système de pésage-péage sur le réseau routier.
A travers ce projet, Moustapha Naité veut trouver la cause de la dégradation du réseau routier, qui serait à l’origine du calvaire que traversent les usagers des principales voies routières du pays.
Le ministre des Travaux publics, qui a présenté le projet en Conseil des ministres ce jeudi, a soutenu que la plus importante des agressions que subissent les routes est causée par la surcharge des véhicules poids lourds qui y circulent.
Selon le Ministre des Travaux, « le coefficient d’agressivité moyen des routes en Afrique au Sud du Sahara est de 1,3 alors qu’en Guinée, ce coefficient est proche de 2,7. Ce qui veut dire qu’une route qui était projetée et construite pour durer 15 ans aura une durée de vie réduite à 7 ans si aucune mesure n’est prise pour la limitation de la charge à l’essieu. Le contrôle du poids total autorisé en charge (PTAC) et de la charge à l’essieu est effectué à travers le système de pesage routier. Ce système consiste à installer des postes de pesage des camions poids lourds sur les principales routes du pays, notamment les routes nationales et celles de liaison avec les pays voisins. »
Or, ajoute-t-il,  »La dernière campagne de pesage menée par la Direction Nationale de l’Entretien Routier a révélé que plus de 80% des camions poids lourds utilisant les routes nationales sont en surcharge. »
Même si ce projet pourrait limiter cette dégradation du réseau routier, on est quand amené à se poser un certain nombre de questions.
Que fait le gouvernement dans la construction des infrastructures? Y-t-il un service de contrôle de technique au ministère des travaux publics? Pourquoi a-t-on attendu tout ce temps pour voir les Ponts de Linsan, Kérouané et Fandjé (Forécariah) s’éffondrer?
A qui incombe réellement la responsabilité de cette dégradation du réseau routier?
Ces questions méritent des réponses claires et précises.

Ibrahima Sory Camara, www.kababachir.com

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