Une délégation des NFD rend visite aux jeunes rapatriés d’Algérie

La pauvreté, conséquence de la mauvaise gouvernance en Guinée, pousse de nombreux jeunes à prendre le chemin de l’exil. Dans le but de rejoindre les côtes européennes, continent considéré par bon nombre d’Africains comme l’eldorado, ils sont des milliers à être bloqués dans les pays d’Afrique du nord en attendant de pouvoir traverser — clandestinement — la mer Méditerranée pour arriver au continent européen, où ils espèrent trouver (enfin) le bonheur.

Si certains réussissent à atteindre l’Espagne et l’Italie, les deux pays d’entrée pour les migrants d’Afrique subsaharienne, ils sont nombreux à être bloqués en Libye, au Maroc et en Algérie. Dans ce dernier pays, les autorités nationales ont lancé une vaste chasse à l’homme contre les «immigrants illégaux», arrêtant des centaines des ressortissants guinéens.

Après avoir été emprisonnés pendant quelques jours dans les geôles algériennes, certains d’entre eux ont été rapatriés en Guinée, au terme d’un périple jugé inhumain qui les a fait «subir le comble de la souffrance». «On nous a torturés, frappés, maltraités. On nous a embarqués à 5h du matin dans 24 bus et pour chaque bus, il y avait un cortège de deux pickups de la gendarmerie algérienne. On a fait deux jours sur la route . On a mangé qu’une seule fois», a raconté un des guinéens revenus à Conakry.

Arrivés au bercail, is ont reçu la visite d’une délégation des Nouvelles forces démocratiques (NFD) pour «les rassurer, les soutenirs moralement et financièrement  dans leur réhabilitation sociale». Le leader de cette formation politique, Mouctar Diallo, qui a présidé cette visite, ne cache pas sa préoccupation. «Les NFD sont très préoccupées par cette situation de précarité de nos compatriotes immigrés qui étaient à l’extérieur du pays. Quand les NFD ont appris leur rapatriement, nous nous sommes mobilisés pour venir leur exprimer notre solidarité et de façon symbolique leur apporter un soutien financier», a-t-il indiqué.

Mouctar Diallo a ajouté que son parti est «prêt à prendre en charge certains frais d’hôpitaux», dénonçant au passage «l’incapacité et le mépris du gouvernement vis-à-vis des Guinéens, en particulier les jeunes». Il a déploré que les jeunes soient dans une telle situation alors que le président Alpha Condé avait dédié il y a un an son second mandat à la jeunesse et aux femmes, les deux couches les plus touchées par la mal-gouvernance.

En attendant de trouver de soutien pour reprendre leurs activités, les jeunes rapatriés d’Algérie sont regroupés à Matam dans la banlieue de Conakry. C’est la première visite d’un leader politique que ces jeunes traumatisés par cette périlleuse avanture ont reçue depuis leur retour dans la capitale guinéenne.

Thierno Diallo, Kababachir.com

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