Démolition sauvage de maisons : Dalein persiste et signe, « c’est un règlement de compte politique »

Alors que Kalémodou Yansané déclare que la démolition des maisons n’a rien de politique, Dalein Diallo quant à lui, persiste et signe :« C’est un règlement de compte politique ». Le président de l’UFDG l’a dit et réitéré dans une interview accordée à Africa Guinée. Nous vous proposons un extrait…

« Je dis que c’est un règlement de compte politique, les déguerpissements dans les conditions qu’on connaît, des citoyens qui habitaient Kaporo-rails, avec une brutalité inouïe, sans aucune indemnisation, sans aucun recasement, comme si c’était des délinquants, cela n’a pas été une bonne chose pour nous. Donc l’opposition républicaine et l’UFDG, nous avons tous condamné cette manière d’agir. Nous avons des guinéens qui étaient là avant même que la zone ne soit déclarée réserve foncière de l’Etat en 1988 dans le cadre du schéma directeur de la ville de Conakry. Depuis lors l’Etat n’a pas protégé le site, les gens ont acheté parfois avec les autochtones, parfois avec les chefs de quartiers, avec même les gens de l’urbanisme naïvement, il n’y avait pas d’information   pour leur dire ici c’est une réserve foncière de l’Etat. Ils ont investi leurs épargnes sur le site, on les a laissé construire, on les a laissé habiter depuis 25 ,30 ans, on ne peut pas venir détruire ces investissements, des investissements réalisés grâce à des épargnes de longue durée d’ouvriers, d’artisans, d’enseignants, venir détruire ça avec la haine qui a caractérisée cette opération. »

Et Dalein de donner une piste si cela lui avait été demandé : « Ce que j’aurais fait, c’est de réévaluer d’abord ce schéma directeur, est-ce que l’Etat a besoin de ce domaine ? Et pour faire quoi ? Pour quelle urgence et quel intérêt ? Si je n’ai pas d’arguments suffisants je modifie même le décret parce que je vois maintenant que la zone est occupée, il y a des bâtiments de grande valeur, des villas, des bâtiments à étage qui sont là, réalisés sur la base d’une épargne des citoyens guinéens. Donc j’évalue ça parce que nous sommes dans un environnement, je connais l’histoire du droit foncier, avant c’était les P.R.L qui étaient responsables, ensuite les chefs de quartier, après le ministère de l’urbanisme, donc après l’évaluation  si l’Etat a besoin de ces domaines-là, c’est prouvé, évidemment je fais une étude d’impact, je vois le coût de l’opération, l’Etat fait des efforts pour exproprier les gens dans les règles prévues par le code foncier en les indemnisant, je les recase, et puis on donne ce qu’on peut donner pour dire aller reconstruire vos maisons là-bas. Il est urgent, il est important pour l’Etat de récupérer ces domaines pour tel motif, pour que les gens se rendent compte qu’il y a l’utilité publique. »

Et de regretter : « On vient avec des bulldozers, avec l’armée la gendarmerie et la police. On frappe les gens, on les sort, on détruit leurs maisons sans aucune forme d’indemnisation, sans même discuter et essayer de les sensibiliser sur l’importance du caractère de l’utilité publique de l’opération. Ce qui se passe est vraiment pour moi un règlement de compte, sinon un Etat ne peut pas se comporter comme ça avec ses citoyens. »

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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