Démoudoula : les sinistrés de juillet !

Démolir pour sauver des habitations des inondations et l’écosystème. C’est la mission officielle du gouvernement à Démoudoula. Sur ce vaste champ de ruine, une désolation sans commune mesure. Pas parce que des villas cossues ont été anéanties, mais parce que des occupants, des concitoyens, des Guinéens sont délogés de leurs gites en pleine saison hivernale.

Ce sont des sinistrés de juillet. Des sinistrés de l’amateurisme de l’Etat et de son manque d’anticipation. Qui a bien pu vendre ces domaines réservés à des particuliers ? Ces particuliers ne savaient-ils pas que l’écosystème doit être sauvegardé ? Quelle suite réserver aux démarcheurs et autres honteux propriétaires fonciers ? Qui délivre ces titres fonciers ? Des questions et d’autres dont les réponses peuvent choquer et révolter. Le gouvernement récupère ses domaines et y a planté déjà des arbres. Les sinistrés de juillet ne savent plus à quelles demeures se vouer. Ils sont à la belle étoile. Ou plutôt, sous les intempéries de la saison hivernale.

Ni le Parlement, ni la société civile n’ont bougé le petit doigt, ne serait-ce que pour plaider pour les victimes, afin qu’ils gardent leurs maisons, le temps que la saison des grandes pluies ne s’achève. Il y en a qui ne savent même pas voir l’étendue des dégâts causés. Démoudoula s’est transformé en un vaste champ de ruine. C’est comme si aucune âme n’est passée par là. Que dire de l’hôtel Noom bâti sur le jardin destiné aux patients d’Ignace Deen ? Que dire de la Résidence 2000 ? Et cet hôtel de proximité appartenant au fils d’Alpha Condé et dont les conséquences sont ressenties jusqu’à Koba ? Ce ne sont pas aussi des agressions à l’écosystème ?

Le manque d’équité et la rigidité avec lesquels le gouvernement s’est attaqué à Démoudoula rappelle étrangement les autres actes posés par Tiégboro sous la junte. Bien avant, l’affaire Kaporo rails, avec le ministre Alpha Ousmane Diallo et Cie. La Guinée des pleurs, la Guinée de l’injustice, la Guinée du recul, la Guinée des hommes forts et sans cœur… Cette Guinée-là fait pitié. Les citoyens sont usés et abusés. On ne reconnait leur importance qu’à l’approche des joutes électorales. Le reste ? Un simple bétail qu’il faut faire décamper.

Triste.

Jeanne Fofana, Kababachir.com

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