Les moteurs électriques pour les véhicules de petite taille pourraient devenir moins chers que leurs copies thermiques (essence et diesel), selon l’agence Bloobmerg News Energy Finance (BNEF). Ses conclusions la conduisent à affirmer que la parité devrait être atteinte dès 2024 et que l’inversion de la courbe des prix aura lieu l’année suivante.

Comment cela sera-t-il possible ? D’abord, par une baisse continue des coûts des batteries lithium-ion et des perspectives à long terme. “Si la tendance se poursuit, le prix des batteries devrait chuter de 67% d’ici 2030”, détaille Bloomberg, qui souligne que cette source d’énergie représente les 2/5ème du coût d’une voiture. En contrepartie, les prix du pétrole, eux, augmentent sensiblement, ce qui rend plus coûteuse l’exploitation des véhicules thermiques.

Toutefois, les récents problèmes liés à ces batteries – incendie, exploitation du cobalt et travail forcé – pourraient remettre en cause les prévisions de Bloomberg. Certains spécialistes appellent plutôt à privilégier des batteries solides – qui ne s’enflamment pas. Pour l’instant, ces batteries en sont encore au stade expérimental.

Pour la question du cobalt, en revanche, il semble que l’industrie soit face à une impasse. Amnesty International a récemment publié un rapport épinglant plusieurs constructeurs automobiles, entre autres industriels, sur l’origine du cobalt de leurs batteries, également utilisées pour les smartphones (BMW, Renault, …) Sa collecte vient parfois du travail forcé de populations vulnérables. La poursuite des investissements dans le lithium-ion, sur laquelle table Bloomberg, paraît donc liée à des considérations qui ne relèvent pas simplement de l’industrie.

De plus, dans un dossier publié il y a trois jours, le magazine Challenges revenait d’ailleurs sur le réel impact écologique des batteries lithium-ion et révélait qu’il pourrait être, sur certains points, bien plus négatif que celui des moteurs thermiques. Il n’en reste pas moins que Bloomberg prévoit que la consommation de graphite devrait par exemple passer de 13.000 tonnes à 852.000 en 2030. Celle de lithium, cobalt ou encore manganèse serait multipliée par 100.

Du reste, cette ruée vers ces nouvelles matières premières pourrait conduire à une hausse généralisée des prix – pourquoi pas répercutée sur les véhicules – sauf à se décider à en contrôler la production, comme c’est le cas pour le pétrole par exemple.

Pour ce qui est de l’accroissement des capacités de production et la hausse de la demande de voitures électriques aux Etats-Unis, en Europe, mais aussi en Chine, cela semble en revanche acté, puisque les constructeurs se convertissent les uns après les autres (Nissan, Toyota, Renault, Tesla…) aux véhicules électriques. Voilà six mois, BNEF avait indiqué qu’elle estimait qu’en 2040, le niveau des ventes atteindrait 67% des voitures commercialisées en Europe, 58% aux États-Unis et 51 % en Chine, rappelle le Figaro qui cite l’étude de Bloomberg.

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