DETOURNEMENT A TELIMELE : Le curieux arrangement

Au rythme effréné auquel on apprend les malversations économiques dans les circonscriptions administratives de l’intérieur du pays depuis l’installation des délégations spéciales, on déduit que le phénomène de la mal gouvernance est un virus qui n’a pas piqué que les dirigeants les plus haut-placés au sommet de l’Etat. Sinueuse et sournoise, la pratique se diffuse insidieusement dans le tout le corps social et administratif du pays. Même s’il faut admettre que c’est le laxisme d’Etat qui fait son lit. En témoigne le curieux arrangement dernièrement concocté à Kindia au sujet du détournement dont s’est rendu coupable le préfet de Télimelé, Amara Lamine Soumah.
Longtemps accusé d’avoir soustrait pas moins de 101 millions de francs guinéens des fonds alloués aux collectivités décentralisées relevant de la préfecture (13 communes rurales et la commune urbaine), il a tout d’abord tout rejeté en bloc. Mais les médias et les maires victimes de la malversation ne désarmant, il a, à l’occasion d’une rencontre qui a réuni les maires et lui-même autour de la gouverneure, il passe aux aveux. Voilà qui est bien, pourrait-on conclure.
En fait, derrière cet aveu, l’indélicat préfet avait une idée. En contrepartie de cette sincérité plutôt surprenante, il a sollicité une clémence qui devrait se traduire par un remboursement de seulement la moitié des montants qu’il a subtilisés, autrement une cinquantaine de millions. Et curieusement, alors qu’il méritait radiation et poursuites judiciaires, il semble avoir obtenu gain cause. L’on ne sait quel argument il a mis en avant pour bénéficier d’un tel passe-droit. On sait seulement qu’une telle attitude de la part des autorités elles-mêmes, ce n’est certainement pas demain qu’on réussira à en finir avec la rampante corruption.
Anna Diakité, www.kababachir.com

 

 

 

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