Dette intérieure du pays : plus de deux mille milliards GNF !

La dette intérieure croît sans cesse mais aucune retombée sur la vie des Guinéens, d’ailleurs de plus en plus malheureux et malades de leurs gouvernants. Les secteurs sociaux de base sont en lambeaux. Les Guinéens n’ont jamais été aussi relégués au second plan que ces dernières années.

Le système de santé est alité, le système éducatif sans repère, le réseau routier inexistant, la fourniture d’eau et d’électricité aléatoire, les marchés publics devenus une source d’enrichissement illicite des proches et amis du président de la République. Décidément, la dette intérieure ne pourra que s’accroître. Inexorablement. Le dernier rapport qui est sorti récemment évalue la dette à près de deux mille milliards GNF. Très vite, le gouvernement sort pour justifier : «C’est une dette qui ne date pas d’aujourd’hui. Elle remonte depuis les années ‘’86-87’’. La particularité de ces dettes est qu’il y a beaucoup d’entre elles qui ne sont pas sincères. Beaucoup disent que l’Etat leur doit sur la base des réalisations, mais on ne voit pas ces réalisations. Et comme on n’avait pas d’archives en ce moment, c’est difficile », déclare-t-on.

Il est évident que l’Etat doit à des fournisseurs, à des entreprises nationales et étrangères. Derrière ces dettes des petits malins issus de certains départements ministériels, des rapaces qui infestent le cercle présidentiel, etc. se font pleines les poches et se taillent pour se mettre à l’abri avec leurs butins. Et c’est justement aux travers ces pratiques peu orthodoxes que l’AFD (Agence Française de Développement) a réalisé un audit des plus explosifs.

Sentant cette démarche arriver, Alpha Condé avait anticipé pour demander au gouvernement, à travers les ministères du Budget, des Finances, etc. de trouver une solution pour désintéresser les entreprises que l’Etat doit. Deux fois de suite, au cours des Conseil des ministres, le chef de l’Etat le dit et le rappelle. Au niveau du Budget, on signale que la machine est déjà mise en branle, avec pour argument : « Si nous voulons consolider la croissance, il faut donner un peu d’énergie aux entreprises en nous acquittant de nos obligations vers elles. »

Pauvres de nous.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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