Dialogue politique : qui pour mener les débats ?

Me Cheick Sacko est récusé. L’opposition républicaine n’en veut pas. La personnalité est issue du gouvernement donc suspectée d’être partiale. Aujourd’hui, on est en train de chercher une personnalité neutre qui puisse réellement mener les débats en toute impartialité.

La démarche alimente les débats d’autant plus que les opposants, bien que « des nains politiques » aux yeux d’Alpha Condé n’entendent plus être des risées publiques ou des dindons qu’il faut faire promener devant les objectifs et cameras juste pour faire savoir que tout est bon, tout est rose. Surtout avec les deux actes posés par le président de la République que sont ses deux rencontres avec le chef de file de l’opposition et Aboubacar Sylla, porte-parole des opposants et président de l’UFC (Union des forces du changement). Ces démarches masquent mal la position d’étroitesse dans laquelle s’est englué l’ex-ami de l’opposition républicaine. En effet, c’était vite aller en besogne : Me CheickhSakho est tout sauf ce que l’opinion se faisait de l’homme. Magistrat au barreau de Montpellier, ce titre devrait donner l’actuel ministre des Grades Sceaux une certaine réputation. Apprécié au départ dans son implication dans la gestion du dialogue inter guinéen, ce ministre est aujourd’hui, une imposture. Soûlé par sa reconduction, il va dans tous les sens. Confond tout, intimide et prend le large.

Aujourd’hui il prend parti, tentant de diluer l’Exécutif au judiciaire. Récemment, avec l’assassinat du journaliste El hadj Mohamed Diallo, il s’est fait davantage découvrir. Selon l’UFDG, par la voix de Fodé Oussou Fofana, pour le ministre, les présumés coupables le sont parce qu’ils de ce parti.   «Je ne suis pas d’accord avec le ministre de la justice. Il est allé très loin de son rôle de ministre. Il n’a pas à s’immiscer dans ce dossier. » Et le député de regretté comme tous les autres observateurs épris de justice : « On avait espéré avec la nomination de Maitre Cheick Sako comme il venait d’un pays respectueux des droits de l’Homme et où la justice est indépendante. Mais, il vient de révéler son vrai visage », tranche Fodé Oussou, au micro de Guinée matin.

Récemment, toujours dans un ton très ferme, le Ministre de la Justice, Garde des sceaux, dira que la « Guinée n’est pas un pays pendu comme ça au ciel, elle est dans le concert des nations et a ratifié le traité de Rome ». Une manière de dire qu’en cas de violence, si la Guinée ne prend pas ses responsabilités, la justice internationale le fera avant de marteler que la Guinée ne fera pas l’exception du moment où il y’a eu des exemples en Côte d’Ivoire et au Congo.

Il n’en fallait pas plus pour s’attirer les foudres des opposants qui crient au mélange de genres. Pour le porte-parole de l’opposition républicaine, intervenant sur une radio de la place, « Quand un ministre de la justice s’érige en défenseur de la loi. Je ne sais s’il fait …très bien la part des choses. La séparation des pouvoirs consacre l’indépendance du système judicaire sur le système législatif. Le ministre de la justice relève du système exécutif, il ne peut pas être le garant de la loi. Le garant de la loi, c’est le système judicaire, ce n’est pas le ministre de la justice. S’il s’érige en garant de la loi, en lançant des menaces qui n’ont pas d’objet, je pense que ces menaces-là devraient s’adresser au premier chef, aux autorités de ce pays dont on connait le bilan en matière de droit de l’homme.»

Autant Cheickh doit revoir sa copie… Pourquoi pas avec Ousmane Gaoual Diallo ? Lequel a déjà recadré le débat depuis l’affaire Lascari. Extrait :« Votre qualité de Ministre de la Justice devrait vous astreindre à critiquer les propos de quelqu’un qui est revêtu des suffrages du peuple de Guinée. Entre vous et moi, je suis celui qui est habilité à parler au nom du peuple. » ça promet entre ce député et le nouveau zélé de la Justice menaçant une levée de l’immunité parlementaire contre Ousmane.

 Toutes ces bévues font de ce ministre le pire qui soit dans la relance du dialogue politique inter guinéen. Il peut donc aller planter ses choux ailleurs…

 

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

 

 

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