Donald Trump annonce un nouveau plan d’immigration basée sur le mérite

 Le président américain va dévoiler ce jeudi un projet de refonte du système d’immigration des États-Unis qui augmenterait le niveau d’exigence en matière de formation et de compétences des travailleurs étrangers.

C’est un moment important de son mandat, Donald Trump sait qu’il est attendu au tournant sur le sujet de l’immigration. Il va dévoiler ce jeudi un projet de refonte de la politique d’immigration des États-Unis avec un renfoncement de la sécurité aux frontières et un système favorisant les travailleurs étrangers parlant anglais et disposant d’une offre d’emploi.

Cette refonte a été pensée par les principaux conseillers du président: Jared Kushner, son gendre, et Stephen Miller. Il vise à rassembler le parti républicain à l’approche de l’élection présidentielle de 2020 sur une question qui a du mal à rassembler, même dans le camp de Donald Trump.

60%des visas attribués au mérite

Ce plan propose ainsi de changer l’approche en matière d’immigration légale. Il offrirait aux immigrants possédant des compétences ou visant des offres d’emploi spécifiques de travailler aux États-Unis, à condition qu’ils puissent démontrer leur maîtrise de l’anglais et leur niveau d’éducation, et réussir un examen d’éducation civique. Le regroupement familial quant à lui sera plus difficilement réalisable.

Les conseillers de Trump ont étudié les politiques migratoires du Canada, de l’Australie ou encore de la Nouvelle-Zélande et y ont puisé des éléments sur la manière d’orienter l’immigration. Actuellement, 12% de l’immigration aux États-Unis est fondée sur l’emploi et les qualifications, contre 63% au Canada et 68% en Australie. Les conseillers souhaitent inverser la tendance en visant un taux de 60% de visas attribués au mérite.

Depuis des décennies, les lois en matière d’immigration aux États-Unis donnent priorité au rapprochement familial, et chaque année près de deux-tiers des récipiendaires de la «green card» (la carte de résident permanent) sont des proches de personnes résidant déjà aux États-Unis. En vertu de ce plan, le même nombre d’immigrants serait autorisé à entrer dans le pays, avec 1,1 million d’arrivées par an, seule la composition en serait modifiée.

Le projet rédigé par les proches conseillers de Donald Trump prévoit également un durcissement des contrôles aux frontières et la construction de nouvelles barrières à la frontière Sud. La suppression de la «loterie», qui offre une chance à des candidats à l’immigration d’obtenir une carte de résident permanent grâce à un tirage au sort, est également prévue.

Un projet qui pourrait ne pas faire l’unanimité

Le projet porté par la Maison-Blanche pourra difficilement passer l’étape du Congrès américain. Les démocrates, qui contrôlent la Chambre des Représentants, auraient affirmé qu’ils ne le voteraient pas au vu de certaines questions restant en suspens comme le sort des «Dreamers», ces migrants arrivés illégalement aux États-Unis avec leurs parents alors qu’ils étaient mineurs.

Au-delà des démocrates, certains républicains pourraient ne pas voter le projet qui s’éloigne de la base des électeurs de Donald Trump. Cette vision de l’immigration au mérite augmenterait le niveau d’éducation global des immigrants et leur niveau de salaire, les mettant en concurrence avec certains Américains au niveau de l’emploi. Par ailleurs, la proposition n’inclut aucune réduction du niveau d’immigration légale, une revendication pourtant claire de la part des électeurs de Trump lors de son élection en novembre 2016.

Donald Trump présentera un aperçu de ce projet, dont les détails seront dévoilés dans un «très large document» qui sera publié dans les semaines à venir.

Le Figaro.fr �u�J�

Laisser un commentaire

Votre adresse email ne sera pas publiée.