Doutes sur les investissements chinois en Afrique : que fera Alpha ?

De sérieux doutes sont actuellement émis sur les investissements chinois en Afrique. Côté guinéen, on ne semble pas s’émouvoir autre mesure. Quitte à être enterré par l’Empire du milieu. Alpha Condé ne fera donc rien.

Petit rappel : on avait annoncé quelque 5O millions USD avec une société chinoise Huawei pour ré équiper et moderniser les réseaux de la Société de télécommunication de Guinée (SOTELGUI). Rien n’a été fait. Des mois après et dans un tout autre domaine la Guinée salive devant les Chinois, avec une enveloppe globale de 20 milliards de dollars. C’est un programme de ressources minières contre prêts, contre financements, couvrant la période de 2017-2036.  « On a eu 20 milliards de dollars, j’ai signé (Kassory Fofana) avec le coordinateur chinois ces 20 milliards de dollars immédiatement décaissables cette année. C’est 1 milliard 200 millions dollars qui concerne la reconstruction de la route Coyah, Mamou, Dabola; ça concerne la réhabilitation des voiries de Conakry et l’assainissement pour 200 millions et poussière, ça concerne un début de reconstructions des quatre universités ; ça concerne également la ligne Linsan-Fomi pour permettre de garantir la livraison de l’énergie de Souapiti à la Haute-Guinée, ce qui fait l’interconnexion ce qui fait 250 millions de dollars, etc. »

D’autres Chinois arrivent en Guinée avec la société TBEA. Celle-ci procèdera à la construction et à l’exploitation d’une mine de bauxite d’une capacité initiale de 10 millions de tonnes par an, d’une raffinerie d’alumine d’une capacité d’1 million de tonnes par an, d’une fonderie d’aluminium d’une capacité de 200 000 tonnes par an et d’une centrale thermique avec une capacité initiale de 75 mégawatts, ainsi que la centrale hydroélectrique d’Amaria (300 MW), a fait savoir le ministre des Mines. S’agissant de l’investissement initial, on parle d’un montant de deux milliards huit-cent quatre-vingt-dix millions de Dollars (2 890 000 000 USD), avec plus de 10 000 emplois locaux directs et indirects. La liste est loin d’être exhaustive.

Pendant ce temps, les USA, à travers Donald Trump dénonce les investissements des Chinois en Afrique. A sa suite, c’est l’ancien sous-secrétaire d’Etat américain, le « Monsieur Afrique » de la diplomatie américaine durant plusieurs années, Herman Cohen qui met le pied dans le plat. Tout en précisant : « Nous ne sommes pas en concurrence avec les Chinois. Les Chinois ont besoin des produits africains, le pétrole, la bauxite, le cobalt. Ils font des arrangements avec les Africains. Vous fournissez 200 000 barils par jour, nous allons construire des routes pour vous, des barrages ou des stades, et nous allons faire ça avec des prêts faciles. Mais ils ne seront jamais remboursés. Ils plongent les Africains dans la dette. Ils ne seront jamais remboursés. Et ce qui me trouble surtout, c’est que quand les Chinois font un projet en Afrique, les ouvriers qu’ils amènent restent en Afrique. Ils ouvrent des boutiques, des magasins et ils importent des choses chinoises. Donc c’est mauvais pour la production africaine. Donc ce n’est pas un problème américain. Il faut que les Africains gèrent ce problème. Il ne faut pas laisser les Chinois dominer l’économie. »

Côté guinéen, on se refuse de commenter ces sorties des Américains.

Selon le ministre des Mines, Abdoulaye Magassaouba, « Nous sommes dotés de suffisamment de capacités pour pouvoir négocier dans les meilleures conditions possibles et pouvoir sceller des contrats qui sont équilibrés pour les parties. Nous sommes un pays ouvert, et toute l’offensive en termes de diplomatie économique, qui a été engagée depuis 2010 par le président Alpha Condé, en témoigne. Nous avons des investisseurs de tous horizons. Nous nous inscrivons dans cette logique d’ouverture, qui accueille tout investisseur crédible avec un projet viable qui est mutuellement avantageux. »

On vous aura averti.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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