Pour Dr. Goureissy Condé, les raisons qui poussent certains Guinéens à se rendre justice eux-mêmes méritent une réflexion pour une solution durable

Ces dernières années, la Guinée a connu plusieurs cas de vindicte populaire tant à Conakry que dans les villes de province, donnant lieu à des sérieuses violations des droits de l’homme. S’exprimant sur le sujet, le président de l’African crisis group (une organisation qui œuvre pour la prévention des confits en Afrique) a avancé quelques raisons qui poussent certains Guinéens à se rendre justice eux-mêmes. Selon Dr. Sekou Goureissy Condé, la faiblesse de l’État, le manque de communication, l’enclavement de certaines localités dans la Guinée profonde, le repli communautaire, l’absence de l’État… sont les facteurs endogènes de ces événements tragiques, qui créent une panique et un manque de repère chez les citoyens.

Comme solution, il préconise entre autres : « donner les moyens nécessaires à la justice et [aux services de] sécurité, faire la promotion de la citoyenneté à la base et désenclaver le pays pour que les valeurs puissent se frotter, se confondre, afin que la paix puisse régner dans les cœurs et les esprits » de tous les Guinéens, a-t-il recommandé. Pour faire face à cette problématique qui a pris de l’ampleur, l’État — à travers ses forces légales — doit mettre en place une stratégie permettant de bannir cette vengeance entre citoyens. « Il faut que l’État se reprenne en main, il faut que l’autorité de l’État soit considérée, il faut restaurer la confiance entre les citoyens et l’État. Cela passe par la mise en place des organes et des structures chargés de promouvoir la sécurité de proximité grâce à la police, à la gendarmerie et à la justice », a-t-il ajouté.

Le Docteur Condé a, en outre, invité l’État à s’enquérir « des conditions de vie des agents à l’intérieur du pays, les moyens dont ils disposent pour mener à bien leurs missions ». « Ces points méritent une réflexion en vue d’une solution durable », a-t-il estimé, rappelant que lorsqu’un commissariat, un gouvernorat, une préfecture ou une sous-préfecture n’a pas les moyens nécessaires pour s’occuper des citoyens, il ne peut pas protéger ces derniers. Pourtant, le rôle fondamental de l’État, c’est la protection des citoyens, a-t-il conclu.

Thierno Diallo, Kababachir.com

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