EBOLA-BUSINESS : Des sanctions symboliques

Dans le verdict rendu le 4 juillet dernier par le Tribunal de première instance (TPI) de Kaloum, dans le procès opposant la Fédération des tradi-praticiens et herboristes de Guinée et la Cellule de coordination de la lutte contre Ebola, il ne faut pas se fier aux sentences. L’année de prison avec sursis infligée à Abdoulaye Sadio Fofana et les deux ans d’emprisonnement ferme dont écope Ernest Kpakilé Guemou, ne sont pas en effet le plus important de le verdict. Même le fait que les deux aient été sommés de rembourser les 500 millions francs guinéens qu’ils ont détournés n’est pas nécessairement important. En effet, connaissant la justice guinéenne, ces sentences ne seront probablement pas exécutées. Cependant, le procès en tant que tel, atteste le phénomène d’Ebola-business et l’opacité dans la gestion de cette épidémie. Jusqu’ici, on en était qu’au stade de soupçons. Mais avec ce verdict, les faits sont établis.
D’ailleurs, durant le procès, Ernest Kpakilé ne s’est jamais présenté. Selon certaines informations, il aurait pris la tangente. Ce qui n’est pas le signe d’une confiance en soi. Au point qu’on a même des raisons de se demander pourquoi et comment certains s’échinent à démontrer que les accusations de malversations qui ont entouré la gestion d’Ebola ne sont que des affabulations ? S’il ne s’agissait que d’une cabale ourdi par des citoyens jaloux et aigris des profits légitimes que certains ont tirés du passage d’Ebola, pourquoi un des accusés a refusé de se mettre à la disposition de la justice ?
La société civile ne s’étant pas constituée partie civile dans ce procès, il est attendu d’elle qu’elle parte de ce premier pour exiger et obtenir un audit des comptes de la cellule de coordination de lutte contre Ebola. Car derrière les murs, les partenaires confient des indiscrétions qui ne sont pas très élogieuses pour la Guinée. Encore qu’au-delà des agissements des individus, c’est le laxisme de l’Etat qu’ils dénoncent le plus. Un laxisme dont se rendrait complice la société civile si elle continue à croiser les bras et faire comme si rien ne s’était passé.
Anna Diakité, www.kababachir.com
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