Ebola: le FMI étudie un allègement de dette des pays touchés (porte-parole)

Le FMI s’est dit prêt jeudi à étudier un allègement de dette pour les pays touchés par Ebola comme l’ont suggéré les Etats-Unis, et s’est montré plus alarmiste sur l’impact économique de l’épidémie en Afrique.

« C’est actuellement en discussion », a affirmé le porte-parole du Fonds monétaire international William Murray, interrogé sur un éventuel allègement de dette.

Le secrétaire au Trésor américain Jacob Lew a appelé mercredi l’institution à effacer 100 millions de dollars de dette au profit des trois pays les plus touchés par Ebola (Guinée, Liberia, Sierra Leone) sur les quelque 500 millions qu’ils doivent au Fonds.

Le porte-parole du FMI s’est refusé à préciser tout montant et a rappelé que le conseil d’administration du Fonds, qui représente ses 188 Etats-membres, sera « impliqué » dans la décision finale.

M. Murray a toutefois laissé entendre que des annonces pourraient être faites par la directrice générale du FMI, Christine Lagarde, au sommet des chefs d’Etat du G20 samedi et dimanche à Brisbane, en Australie.

C’est « un forum où ces discussions de haut niveau se tiennent », a-t-il affirmé.

Selon le porte-parole, le FMI va par ailleurs réviser ses prévisions de croissance pour les trois pays touchés après avoir notamment constaté une « poussée » de l’épidémie dans des villes jusque-là épargnées.

Le Fonds, a-t-il expliqué, estime maintenant que l’épidémie, qui a fait plus de 5.000 morts, ne sera pas sous contrôle avant la « seconde moitié » de 2015, alors qu’elle tablait jusque-là sur le premier trimestre de l’année prochaine.

« En conséquence, les perspectives pour ces pays ont empiré » depuis la fin septembre, quand le FMI leur avait accordé une rallonge budgétaire globale de 130 millions de dollars, a indiqué M. Murray.

Jusque-là, le FMI estimait qu’Ebola pourrait faire perdre cette année jusqu’à 3,5 points de pourcentage à la croissance économique en Sierra Leone (contre 11,3% prévus actuellement) et au Liberia (par rapport à 5,9%) et 1,5 point en Guinée (contre 3,5% attendus).

« Si l’épidémie actuelle se prolonge et s’étend à d’autres pays (…), il y aura des retombées plus vastes, sapant la confiance, les investissements et les activités commerciales », a également mis en garde M. Murray, assurant que le FMI « surveillait étroitement » la situation dans les pays voisins.

AFP

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