EDUCATION : Ibrahima Kourouma s’élève contre l’exode rural des enseignants

L’ouverture des classes arrivant à grands pas, le ministre de l’enseignement pré-universitaire et de l’alphabétisation fait de nouveau parler de lui. Ibrahima Kourouma commence en effet à énoncer les nouvelles règles au sein du système scolaire guinéen. Au nombre des dispositions entreprises pour la nouvelle année, on l’intransigeance avec laquelle il entend s’attaquer au phénomène de désertion du monde rural par les enseignants. Sur la question, il se veut catégorique.

Et c’est la cérémonie de clôture du comité régional de pilotage de l’éducation (CRPE) de Mamou qui lui a donné l’occasion de faire part de ces nouvelles dispositions. Ayant en face les directeurs préfectoraux de l’éducation (DPE), le ministre Kourouma s’est élevé contre la conclusion du rapport du comité portant sur l’insuffisance du corps enseignant. Ainsi, il a vivement rétorqué :

« Des besoins, certes il y en a.  Mais il y a aussi la mauvaise utilisation du corps enseignant. Dans les directions préfectorales de l’éducation, sur l’organigramme il y a plus de personnes que de postes. Pour 15 places, il y a 30 personnes. Pendant ce temps, les enfants sont dans les classes sans enseignants. Et quand on voit le ministre, on dit qu’on n’a pas d’enseignants ».

En conséquence, annonce-t-il, les 90 % des 3500 enseignants qui seront recrutés au terme du dernier concours d’intégration à la Fonction publique, seront dispatchés à l’intérieur du pays et plus précisément dans les zones rurales. La liste du déploiement sera rendue publique 48 heures après la proclamation des résultats pour éviter arrangements et combines. De même, selon Ibrahima Kourouma, à partir du 30 septembre prochain, aucune mutation ne sera possible. Et gare à celui ou celle qui refusera de se rendre à son lieu d’affection. L’intéressé pourrait voir son nom rayer de liste de la fonction publique.

Si toutes ces mesures paraissent compréhensibles et louables, on se demande cependant si l’approche est suffisamment efficace. Pense-t-on qu’à coup de menaces, on peut obtenir les résultats espérés ? Quid des mesures incitatives qui devraient encourager les enseignants à rester dans des zones rurales et enclavées, en ne comptant que sur de maigres subsides venant de l’Etat ? Qu’est-ce qui garantit à ces enseignants qu’ils ne seront pas oubliés dans les fins fonds de la brousse, parce que l’administration ne prévoit aucun plan de carrière ? Ce sont là autant de questions dont les réponses pourraient aider à comprendre la peur que les zones rurales inspirent aux fonctionnaires guinéens.

Anna Diakité, www.kababachir.com

 

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