Elections américaines 2020 : l’heure du vote, un résultat historique pour Biden ?

C’est le D-Day aux Etats-Unis. Ce mardi 3 novembre près de 200 millions d’électeurs doivent départager le président sortant Donald Trump et le démocrate Joe Biden. Les premiers bureaux de vote ouvriront à 6 heures locales sur la côte Est, soit midi en France. Quant au résultat, il pourrait donner une très large victoire à Joe Biden…

L’essentiel

  • Quatre années de plus avec Donald Trump ou un changement de ligne radical avec Joe Biden ? Les élections américaines débutent ce mardi 3 novembre 2020 et doivent départager, d’ici 24 heures, le président républicain sortant et l’ancien vice-président démocrate. Deux lignes et deux styles radicalement opposés s’affrontent lors de cette élection présidentielle, qui devrait marquer durablement le pays. Une réélection de Donald Trump serait le signe que la surprise de 2016 n’était pas un accident et que l’opinion américaine a clairement basculé en faveur du tonitruant milliardaire. Le choix de Joe Biden marquerait la volonté d’un changement de ton à la Maison Blanche et sans doute une forme de retour à une certaine normalité.
  • Les premiers bureaux de vote ouvriront sur la côte Est des Etats-Unis à 6 heures locales, soit midi en France. Les Etats-Unis étant un vaste pays traversé par quatre fuseaux horaires (six en comptant l’Alaska, sept en comptant Hawaï), le scrutin s’achèvera environ 16 heures plus tard, avec la fermeture des bureaux de la côte Ouest, vers 4 heures françaises. Des estimations seront déjà données à cette heure tardive de la nuit. Les premiers chiffres sont attendus vers 1 heure.
  • Première tendance inédite avant même l’ouverture des bureaux de vote aux USA : ce sont près de 100 millions d’électeurs sur les 200 millions d’Américains invités aux urnes qui ont déjà voté. Un vote par anticipation, très souvent par correspondance, qui sera une donnée clé du scrutin. C’est la première fois que les élections débutent aux USA avec près de la moitié des votes déjà effectués. Pour la plupart, ces bulletins seront en revanche dépouillés à la fermeture des bureaux de vote.
  • Le résultat des élections américaines 2020 est entouré de nombreuses inconnues. Il pourrait être consolidé tard dans la nuit voire dans la journée de mercredi. Dans les sondages en tout cas, c’est Joe Biden qui est en tête depuis des mois. Les enquêtes d’opinion donnent d’ailleurs un avantage inédit au démocrate, avec un écart de 10 points dans les derniers pointages. Si ces sondages se traduisaient en résultat concret, il s’agirait d’une victoire inédite pour le parti démocrate, potentiellement mortelle pour le parti républicain. Mais méfiance : la victoire surprise de Trump il y a quatre ans contre une Hillary Clinton favorite est encore dans tous les esprits. Aux USA, l’élection du président se fait au suffrage indirect et un avantage populaire ne se traduit pas toujours par une victoire en nombre de grands électeurs. Dans les « swing states« , le résultat de l’élection semble d’ailleurs plus incertain.

Sondages

La réélection de Donald Trump est clairement menacée si l’on en croit la quantité très importante de consultations menées outre-Atlantique. Nous avons compilé les principaux sondages publiés depuis mi-juillet 2020, ils donnent tous un net avantage à Joe Biden. Mais attention, il s’agit là d’intentions de vote à l’échelle du pays, or l’élection se joue Etat par Etat. Reste que ces sondages nationaux rendent bien compte du rapport de force existant dans cette élection américaine, et donne des éléments significatifs sur l’opinion américaine en pleine campagne.

*Nous avons choisi de retenir, pour cette compilation, une dizaine de médias américains ou centres de recherche dont la méthodologie est la plus rigoureuse. Voici donc les sondages retenus qui apparaissent sur notre graphique avec les dates de publication de chaque étude : ABC News / The Washington Post (18/07 ; 16/08 ; 27/09 ; 10/10) ; Emerson College (30/07 ; 30/08 ; 30/09), Beacon Research (2/08) ; Monmouth University (10/08 ; 09/09 ; 28/09) ; Fox News (12/08 ; 12/09 ; 6/10) ; Marist College (13/08 ; 17/09) ; NBC News / The Wall Street Journal (15/08 ; 20/09 ; 3/10) ; Suffolk University (02/09) ; IBD/TIPP (1/10 ; 13 au 17/10) ; Survey USA (5/10) ; Public Religion Research Institute (19/10).

Sondages Etat par Etat

Si l’on se penche sur les sondages effectués par Etat, alors c’est encore Joe Biden qui est donné favori. Voici la compilation des études d’intention de votes effectuées dans les 50 entités administratives des Etats-Unis, réalisée par notre partenaire 270towin.com. Ce média agglomère les principaux sondages par Etat pour produire une carte actualisée 3 fois par jour. Celle-ci permet de visualiser les Etats (avec le nombre de grands électeurs) très probablement acquis à Joe Biden (bleu foncé), ceux qui penchent plutôt pour Joe Biden (bleu plus clair), ceux probablement acquis à Donald Trump (rouge vif), ceux qui penchent plutôt pour Donald Trump (rouge plus clair). Les Etats où l’élection s’annonce très serrée au vu des derniers sondages sont colorés en marron. 

Pour remporter l’élection, il faut acquérir le soutien de 270 grands électeurs. Pour l’heure, les sondages créditent Joe Biden d’une probable victoire, avec largement plus de 250 grands électeurs sur l’ensemble du pays. La barre ci-dessous indique le nombre de grands électeurs acquis à Joe Biden et Donald Trump si les sondages se confirment dans les urnes.

​​​​​​Les dernières infos sur les Elections US

14:00 – Biden s’est recueilli sur la tombe de son fils

Joe Biden vient de quitter l’église de Wilmington, dans le Delaware, avec sa femme Jill. Le couple s’est recueilli sur la tombe de Beau Biden, le fils du candidat démocrate décédé en 2015 à 46 ans des suites d’un cancer du cerveau.

13:33 – Biden inciter à nouveau à voter

Joe Biden a publié sur Twitter un clip incitant ses électeurs à sortir de chez eux pour se déplacer en bureaux de votes, avec en bande-son le tube Warriors, des Too Many Zooz. « Tout se résume à ceci », commente le candidat démocrate.

13:10 – L’élection américaine, « la liberté contre le marxisme »

Donald Trump Jr., le fils du candidat républicain, a invité ceux qui le suivent sur Twitter à aller voter ce mardi 3 novembre. « Votez comme si vos libertés en dépendent… parce c’est vraiment le cas ! Cette élection est la liberté contre le marxisme. Faites un choix intelligent et votez Trump », écrit-il.

12:49 – Un résultat impossible à annoncer cette nuit ?

Bon nombre d’observateurs craignent un retard dans l’annonce du résultat. La faute à une proportion très importante cette année du vote par correspondance, favorisé par le contexte sanitaire du Covid-19. Cette situation laisse craindre un engorgement des bureaux de vote, dont beaucoup ne commencent à dépouiller les votes postaux que le jour même du scrutin. Et d’autant plus sachant que les votes envoyés avant le 3 novembre, mais arrivés après, comptent également. « Il sera impossible de dépouiller en une journée autant de bulletins, d’autant que nombre d’entre eux arriveront après le 3 novembre », analyse Romain Huret, historien des États-Unis, interrogé par France 24. Cet embouteillage redoutée n’est pas seulement craint pour un retard dans la divulgation du résultat. « Cette situation pourrait aboutir au pire des scénarios : Donald Trump déclaré vainqueur mardi soir, puis Joe Biden finalement élu une semaine plus tard après le décompte de l’intégralité des bulletins », redoute Romain Huret.

12:33 – Les premiers bureaux de vote ont ouvert

Les élections américaines sont définitivement lancées. Les premiers bureaux de vote, hors anticipés, ont ouvert dans l’Etat de New York, ainsi que certains dans le New Jersey, le Connecticut, le Maine et la Virginie, indique à l’instant l’Agence France presse.

12:19 – Vers une participation record

Ces élections américaines 2020 ne ressemblent vraiment à aucune autre. Cette année, au-delà du duel Trump-Biden, un chiffre pourrait connaitre un record, celui de la participation. Plus de 90 millions d’électeurs ont déjà voté par correspondance ou par anticipation contre à peine 50 millions en 2016, au même moment. « La participation devrait être la plus forte de l’histoire des États-Unis avec entre 150 et 160 millions de bulletins de vote comptabilisés », prédit Jean-Éric Branaa, chercheur spécialiste des États-Unis à l’université Paris-2 Panthéon-Assas, interrogé par France 24.

12:00 – « Une magnifique victoire » promise par Trump

A l’occasion de sa dernière journée de meetings, Donald Trump a promis à ses partisans une « magnifique victoire » lors de l’élection. Comme en 2016, il a achevé sa campagne, la nuit dernière, dans le Michigan. « Je suis un peu superstitieux », a-t-il concédé. Et d’ajouter : « Demain nous allons une nouvelle fois écrire une page d’histoire ».

11:41 – Eminem se mobilise pour Biden

A mesure que les élections américaines approchent, de plus en plus d’artistes se mobilisent en faveur de Joe Biden. Tout dernièrement, c’est Eminem qui a annoncé son soutien au candidat démocrate, publiant même un clip reprenant son tube « Lose Yourself » sur son compte Twitter. « Une seule opportunité … #Votez », commente le rappeur.

11:12 – Le message de Trump à sa famille

Les enfants de Donald Trump l’ont accompagné dans la dernière ligne droite de sa campagne et dans ses divers meetings à travers les Etats-Unis. Et entre les prédictions de victoire totale ce mardi dans les urnes, il leur a glissé quelques phrases de remerciements, presque de tendresse. « Je veux vraiment vous remercier du fond de nos coeurs », a-t-il déclaré à ses partisans, avant d’adresser un message plus personnel à sa famille : « Quoi qu’il arrive, je suis très fier de vous tous ». Avant d’ajouter : « Mais si nous ne gagnons pas, je ne vous parlerai plus jamais ».

11:03 – Une décision de la Cour suprême, une menace de Trump

Dans les derniers jours de cette campagne, Trump a aussi vertement critiqué une récente décision de la Cour suprême autorisant la Pennsylvanie à accepter les bulletins de vote par correspondance pendant plusieurs jours après le jour du scrutin. Le président américain a suggéré que cela pourrait induire « des violences dans les rues » et être « physiquement dangereux ». Entre les lignes, cette sortie énigmatique a été interprétée par certains médias comme une menace de violences postélectorales. Plus tard, sur Twitter, Donald Trump s’est plaint que cette décision conduirait à une « tricherie effrénée et incontrôlée » et a déclaré aux journalistes du Wisconsin, Etat dans lequel il se trouvait en toute fin de campagne : « J’espère que la Cour suprême aura la sagesse de la modifier ».

10:57 – Le vote par anticipation conspué par Trump, déjà des contestations

Voir la moitié des électeurs opter pour le vote anticipé, en grande partie par correspondance, n’est pas une bonne nouvelle pour Donald Trump. Le président américain a jugé d’emblée que ce mode de scrutin ne lui serait pas favorable et a prévenu qu’il favoriserait des « fraudes massives » (ce qui a été plusieurs fois démenti). Il faut dire que les électeurs qui ont opté pour cette solution sont, pour une partie, ceux que le Covid préoccupe le plus et qui veulent éviter de se retrouver dans des bureaux de vote bondés ce mardi. Un profil d’électeurs peu compatible avec le discours du président américain sur l’épidémie. Signe que Trump et ses équipes n’hésiteront pas à contester le résultat de ces votes anticipés, un juge fédéral au Texas a déjà dû se prononcer lundi sur une réclamation des républicains qui voulaient invalider plus de 127 000 votes exprimés en mode « drive » dans le comté de Harris, auquel appartient Houston. Un bastion démocrate. Leur requête a été rejetée.

10:45 – Premières estimations sur la participation, 97,6 millions de personnes ont déjà voté

C’est la première tendance de fond de l’élection : un total stupéfiants 97,6 millions de personnes s’est déjà prononcé pour cette élection américaine par le biais du vote anticipé. Un record qui pourrait représenter la moitié des électeurs au total selon la participation la nuit prochaine. Ces votes ont pu être faits par correspondance, mais dans des bureaux de vote ouverts précocement, une première cette année et un changement notable dans le système électoral américain. Les dernières estimations lâchées par le New York Times il y a quelques heures, laissent penser que  la participation totale va battre le record établi en 2016, lorsque près de 139 millions de personnes avaient voté.

10:35 – Trump joue la carte de l’économie contre un « confinement mortel »

Pour son dernier show dans le Michigan, Trump n’avait pas prévu de discours spécial. « Les grands classiques étaient là : son bilan sur l’économie, sur le pétrole, l’armée, même contre la pandémie – pour les morts de laquelle il n’a toujours pas eu un mot de compassion », indique l’AFP qui était sur place. « Il a rappelé qu’il y a un mois il était malade du Covid-19, balayant la mésaventure d’un : ‘Je suis là, non ? »‘ Ces énumérations ont côtoyé les attaques contre Joe Biden, affublé de tous les surnoms dont « Sleepy Joe » (Joe l’endormi), son fils Hunter, et sa colistière Kamala Harris, qu’il appelle simplement Kamala en articulant chaque syllabe comme pour signifier l’exotisme du prénom. Lors de ses propres apparitions sinueuses et pleines de griefs, au cours desquelles il s’en est pris à Nancy Pelosi, Adam Schiff, Hillary Clinton et aux médias, Donald Trump a présenté sa réélection comme un impératif économique pour éviter « un confinement mortel de Biden », plombant la fragile reprise de l’économie.

10:26 – Deux postures radicalement opposées sur le coronavirus

La dernière journée de la campagne 2020 aura été l’occasion pour Trump et Biden de montrer leurs différences, sur le fond, comme sur la forme. Alors même que le nombre de cas d’infection augmente, et qu’on parle déjà d’une puissante troisième vague de Covid aux Etats-Unis, Donald Trump a fait fi des directives de santé publique en organisant une série de grands rassemblements en Caroline du Nord, en Pennsylvanie, au Michigan et au Wisconsin. Dimanche en Floride, il a sous entendu qu’en cas de réélection, il pourrait renvoyer le Dr Anthony Fauci, meilleur expert en maladies infectieuses du pays. A l’inverse, dans l’Ohio et en Pennsylvanie, Joe Biden a fait valoir qu’il ne pouvait y avoir de retour à la normale tant que le virus n’était pas maîtrisé, face à des partisans en mode drive-in, enfermés dans leurs voiture pour respecter la distanciation sociale. « Klaxonnez si vous êtes d’accord avec moi ! » a-t-il crié à Cleveland. « La première étape pour vaincre le virus est de battre Donald Trump », a-t-il lancé, ajoutant : « Le pouvoir de changer le pays est entre vos mains ». Le coronavirus a infecté plus de 9 millions de personnes aux Etats-Unis et a coûté la vie à plus de 230 000 personnes.

10:14 – Le rebond du coronavirus aux Etats-Unis, la plaie de Trump

La propagation incontrôlée du Covid-19 aux Etats-Unis a lourdement impacté l’élection, avec des campagnes limitées, des meetings modifiés, réduits voir annulés (surtout pour Joe Biden, plus prudent que son rival) et des débats revus et corrigés. Pour Donald Trump, l’épidémie de coronavirus et sa gestion constituent une plaie. Ce lundi, à la veille de l’élection américaine, un rapport du coordinateur du groupe de travail de la Maison Blanche sur le virus, dévoilé par le Washington Post, a contredit les affirmations répétées du président pendant la campagne selon lesquelles les Etats-Unis étaient sur le point de vaincre le virus. Le rapport, rédigé par le Dr Deborah Birx, alerte même les organisateurs de rassemblements, tels que ceux que Trump et son équipe ont organisé ces derniers jours. Le rapport prévoit en outre que jours les 100 000 cas quotidiens seraient encore dépassés dans les prochains jours. 93 000 cas et plus de 530 décès ont été annoncés aux Etats-Unis lundi, et les Etats-Unis ont enregistré une moyenne de plus de 85 000 cas par jour au cours de la semaine dernière, un record depuis le début de l’épidémie.

09:58 – Un déséquilibre entre Trump et Biden et une crise qui pourrait dégénérer ?

Un projet conjoint de 100 hauts fonctionnaires, directeurs de campagnes, universitaires, journalistes, experts en sondages et anciens fonctionnaires du gouvernement, baptisé Transition Integrity Project a listé dans un rapport les scénarios possibles à l’issue de cette élection. Selon Rosa Brooks, co-fondatrice du Transition Integrity Project, qui a donné son sentiment au site FiveThirtyEight, « le refus d’un président en exercice d’accepter les résultats légitimes de l’élection constituerait un défi majeur pour les fondements de la démocratie » américaine. « Vous avez un énorme différentiel entre le président des Etats-Unis d’Amérique, qui dispose de pouvoirs coercitifs impressionnants, et un challenger [Joe Biden – NDLR] qui n’a vraiment aucun pouvoir dans notre système… Joe Biden peut organiser une conférence de presse ; Donald Trump pourrait faire appel à la 82e division aéroportée », a-t-elle résumé.

09:53 – Deux scénarios de Trump pour contester le résultat des élections américaines (2/2)

Le second scénario cité par plusieurs titres de presse américains laisse entendre que Trump pourrait refuser d’accepter les résultats du vote populaire, en invoquant une fraude électorale et un comptage illégal des votes. Une position qui pourrait aller jusqu’à une demande de recomptage très complexe, à l’instar de ce qui s’était passé en Floride en 2000 lors du duel entre George W Bush et Al Gore. A l’époque, le résultat de l’élection américaine avait été attendu pendant de longues heures.

09:49 – Deux scénarios de Trump pour contester le résultat des élections américaines (1/2)

Selon les commentateurs, Donald Trump pourrait choisir parmi plusieurs scénarios pour refuser une éventuelle victoire de Biden. D’une part, si les premiers résultats du scrutin sont en sa faveur, il pourrait sans attendre essayer de proclamer sa victoire, et ce bien avant que les 90 millions de bulletins de vote envoyés par la poste, qu’il critique vertement depuis des semaines, n’aient été comptés. Le site d’info américain Axios croit savoir que Donald Trump est s’apprête à adopter cette stratégie, ce que le président sortant a démenti néanmoins dimanche 1er novembre.

09:29 – Trump pourrait refuser de reconnaitre les résultats de l’élection

Les tensions sont exacerbées depuis quelques jours par Donald Trump, qui a laissé entendre qu’il pourrait très tôt se proclamer vainqueur, sans même attendre des résultats consolidés ou contester le résultat du scrutin s’il annonçait une défaite. En réalité, les deux équipes de campagne ont préparé des armées d’avocats à un combat juridique potentiellement long après le combat électoral. Mais Trump a pour sa part plusieurs fois refusé de s’engager officiellement à accepter les résultats de l’élection et à faciliter un transfert pacifique du pouvoir en cas de victoire de Joe Biden. Les dernières semaines de sa campagne ont porté principalement sur la méfiance vis-à-vis du vote par correspondance. Il a incité ses partisans à contester « si nécessaire » le verdict des urnes par le droit américain ou par la force. Il a également laissé entendre qu’il se lancerait dans une bataille à la Cour suprême, où il s’est empressé de nommer un juge ultra-conservateur à la place de la démocrate Ruth Bader Ginsburg décédée il y a quelques semaines.

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09:18 – Par peur de débordements, une partie du pays se barricade

Une grande partie du pays est sous tension à quelques heures du démarrage de cette élections américaine, souvent qualifiée de scrutin « le plus important » de l’histoire récente du pays. Avant l’ouverture des bureaux de vote mardi, plusieurs entreprises à Denver, Detroit ou Washington, D.C., ont recouvert leurs fenêtres de contreplaqué pour se préparer à l’éventualité de débordements et de violences à l’annonce des premiers résultats. Certains gouverneurs ont mobilisé la Garde nationale par précaution. Depuis plusieurs jours, le risque de violences accrues est évoqué dans un pays où près de 400 millions d’armes à feu circulent et où les ventes ont bondi de 91% ces sept derniers mois. En juin par exemple, ce sont 4 millions d’armes de plus qui ont été vendues.

08:55 – Une élection américaine dans un pays très divisé

Les USA auront rarement été aussi divisées avant cette élection présidentielle. Avec le vote de ce mardi 3 novembre, les électeurs doivent d’abord se prononcer sur les tumultueuses années du président Trump à la Maison Blanche et, en particulier, sur sa gestion de la pandémie de coronavirus qui a bouleversé la vie des Américains au cours des huit derniers mois. Dans la dernière ligne droite de Trump et Biden pour obtenir des voix, les problèmes urgents du pays ont ressurgi : une crise sanitaire incontrôlée, une économie malmenée, de profondes divisions idéologiques et des tensions raciales sont venues exacerber les oppositions.

08:43 – Biden a terminé sa campagne en Pennsylvanie

Joe Biden a terminé sa campagne en Pennsylvanie pour sa part, un Etat remporté sur le fil par Donald Trump en 2016 qui avait contribué à faire basculer le résultat du scrutin. « Il est temps de se relever et de reprendre le contrôle de notre démocratie », a lancé l’ancien vice-président de Barack Obama à la fin de son discours depuis Pittsburgh où il avait débuté sa campagne il y a 18 mois. Fait inhabituelle dans les campagnes américaines, le candidat démocrate s’est exprimé à Scranton et Philadelphie, par la suite, profitant jusqu’à la dernière minute de son droit de s’exprimer avant le début de la journée de vote. Barack Obama est venu soutenir son ancien colistier cette semaine en Pennsylvanie.

08:37 – Un dernier meeting de Trump dans le Michigan cette nuit

Donald Trump a donné son dernier meeting avant le début des élections aux USA. Et comme pour se donner une chance de plus de rester à la Maison Blanche, il a choisi Grand Rapids, ville industrielle du Michigan, où il avait terminé sa campagne il y a quatre ans exactement. Une fin de campagne sous la pluie face à des milliers de partisans parfois sans masque. La minorité de gens au visage couvert portaient des masques « Trump ». Il s’agit du 17e meeting du candidat républicain en quatre jours, une tournée express de plusieurs milliers de kilomètres lors de laquelle Donald Trump a assuré qu’il allait « gagner quatre ans de plus dans cette très belle, belle, belle Maison Blanche ». « Nous avons écrit une page d’histoire il y a quatre ans, et demain nous allons une nouvelle fois écrire une page d’histoire », a lancé le 45e président américain devant ses fans.

08:34 – Les bureaux de vote ouvriront dans quelques heures aux Etats-Unis

Bonjour et bienvenue dans ce direct dans lequel nous allons suivre le journée et la nuit américaines. 200 millions  d’électeurs désignent leur président pour les 4 prochaines années. Donald Trump croit toujours en ses chances, face à un Joe Biden favori. Les premiers bureaux de vote ouvriront à 12 heures françaises, décalage horaire oblige. Ils fermeront à 4 heures du matin. Tout au long de la nuit, les estimations vont se succéder et les résultats tomber Etat par Etat.

Les élections aux USA, comment ça marche ?

Les élections américaines ne reposent pas sur les mêmes ressorts démocratiques qu’en France. Aux Etats-Unis, les citoyens ne votent pas directement pour les candidats qui se présentent au scrutin, il s’agit donc d’un vote indirect, en un sens comparable aux élections municipales à Paris, Lyon et Marseille (loi PLM). Chaque Etat élit ses grands électeurs – 538 au total – afin de former le collège électoral qui sera, lui, chargé de départager les candidats. Il convient de noter que les Etats sont représentés proportionnellement à leur population : ainsi, par exemple, la Californie désigne 55 électeurs contre seulement 3 pour l’Alaska. Une fois choisis, ces électeurs se réunissent dans la capitale de leur Etat respectif et votent pour le candidat auquel il sont liés, républicain ou démocrate.

Lors de l’élection, le parti ayant recueilli la majorité des votes des électeurs (au moins 270) remporte alors le scrutin. Si la majorité des Etats américains sont très marqués politiquement, l’élection présidentielle se joue avec le choix des « swing states », ces territoires comme la Floride, l’Ohio ou la Caroline du Nord, qui sont susceptibles de voter à la fois démocrate ou républicain. Pour rappel et pour bien comprendre le fonctionnement des présidentielles américaines, en 2016, une quantité plus importante de citoyens avaient voté en faveur de Hillary Clinton, mais Donald Trump avait remporté l’élection à la faveur d’un vote plus important de grands électeurs. En d’autres termes, le président républicain avait battu sa rivale démocrate dans des Etats à la population plus importante et donc plus généreux en grands électeurs.

Candidats 

Parti démocrate

Les primaires démocrates se sont déroulées dans un climat très particulier. Lancée avec le caucus de l’Iowa à l’aube de la crise du coronavirus dans le monde, l’élection du candidat démocrate a finalement tourné court, après le retrait de Bernie Sanders de la course à la présidentielle. Le candidat de l’aile gauche du parti, d’abord devant l’ancien vice-président de Barack Obama, en a décidé ainsi début avril dernier face au statut de favori de plus en plus affirmé de la part de Joe Biden d’une part, et la présence du virus sur le territoire américain d’autre part, empêchant le bon déroulement de la campagne.

Parti républicain

Au parti républicain, les choses sont claires, vu que le candidat officiel du parti n’est autre que Donald Trump, qui brigue donc un second mandat. Malgré tout, deux républicains ont fait office de dissidents et avaient annoncé leur candidature à la présidentielle américaine. Il y a d’abord eu William Weld, longtemps républicain à la ligne modérée avant de rejoindre le Parti libertarien… puis de réintégrer les républicains. Joe Walsh fut également un temps candidat, avant de se désister.

Autres candidats

Si le système politique aux Etats-Unis repose sur un bipartisme très solidement installé, cela n’empêche pas des candidats indépendants de se présenter à l’élection présidentielle. Ce scrutin 2020 a notamment été marqué par la candidature de Kanye West, même si son lancement de campagne a davantage provoqué des inquiétudes sur sa santé mentale qu’un réel engouement politique. Par ailleurs, le Green Party, le parti écologiste américain, présente deux candidats, Howie Hawkins, pour la présidence, et Angela Walker, pour la vice-présidence. Enfin, citons les libertariens, proches des républicains mais dans un autre registre, qui se présentent au travers de la candidature de Jo Jorgensen. Faute de financements, ces « petits candidats » ne peuvent pas se présenter dans tous les Etats américains, rendant leurs chances de succès quasi-impossible au niveau national.

Dates des élections américaines

L’élection présidentielle aux Etats-Unis a lieu en un seul et unique tour, qui se déroulera le mardi 3 novembre 2020. Avant cela, plusieurs dates ont marqué la campagne. Entre le 17 et le 20 août s’est tenue la Convention nationale démocrate, événement traditionnel se tenant quelques mois avant les élections et censé poser les bases de la candidature du parti. En cette année particulière, la convention nationale démocrate, lors de laquelle le programme de Joe Biden a été présenté, s’est tenue entièrement à distance et en ligne. Puis, entre le 24 et le 27 août, Donald Trump a officiellement été investi candidat lors de la convention nationale républicaine. A l’inverse des démocrates, les républicains ont choisi d’organiser l’événement en « présentiel », avec plusieurs personnalités ayant prononcé un discours sur scène, devant du public, certes en nombre très restreint.

Le résultat de l’élection présidentielle américaine est censé être connu le mardi 3 novembre 2020, mais cette année, le contexte lié au Covid-19 pourrait changer la donne. Le vote par correspondance étant massivement utilisé pour ce scrutin, afin d’éviter les contacts physiques, le spectre d’un retard dans l’annonce des résultats se fait de plus en plus pressant. Et pour cause, le vote par correspondance est utilisé majoritairement par les électeurs démocrates, le dépouillement des bulletins pourrait se retrouver bouleversé dans de nombreux Etats, y compris dans ceux qui font basculer l’élection, à l’image du Wisconsin ou de la Pennsylvanie. Ces deux Etats-clés ont d’ailleurs prévu de compter les votes par correspondance qu’à partir du jour du scrutin, le 3 novembre. La Pennsylvanie a même indiqué que les bulletins reçus jusqu’à trois jours après cette date pourraient être pris en compte. Ce contexte va inévitablement provoquer un embouteillage dans le dépouillement des voix, voire créer un déséquilibre trompeur entre les deux candidats, et cela pourrait, en cas de résultats serrés entre Donald Trump et Joe Biden, retarder l’annonce définitive du vainqueur. On se souvient pour preuve de l’élection américaine 2000, lorsque Al Gore et George W. Bush s’étaient disputés seulement quelques centaines de voix en Floride, avec des recours devant la justice, qui avait finalement tranché, après de multiples recomptages, en faveur du candidat républicain. Et tout cela sans crise sanitaire. Alors en 2020, il est tout à fait possible qu’il faille attendre quelques jours, voire quelques semaines, pour avoir le résultat définitif de l’élection et connaître l’identité du futur président des Etats-Unis.

Source: https://www.linternaute.com

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