Élections communales : le pouvoir et l’opposition ont « une peur bleue injustifiée »

Rien n’est encore officiel mais tout porte à croire que les élections communales n’auraient pas lieu au mois de février prochain, comme prévu dans l’accord politique signé le 12 octobre dernier entre la mouvance présidentielle et une partie de l’opposition guinéenne conduite par l’Union des forces démocratiques de Guinée (UFDG). Déjà le «point 2» pose problème entre les deux camps, renforçant la divergence d’opinions au sein de la classe politique guinéenne.

De l’avis du juriste et analyste politique Mohamed Camara, le contenu du document signé en octobre «apparaissait comme un déclic pour désamorcer la crise dans le pays ; sauf que les acteurs ont fait des compromis dynamiques au point de vouloir lâcher la loi», a-t-il regretté lors d’une interview accordée à des journalistes à Conakry.

Selon le professeur d’université, les deux grands bords politiques, à savoir le RPG/Arc-en-ciel (pouvoir) et l’Union des forces démocratiques de Guinée (opposition), ont chacun une peur bleue injustifiée et un même agenda caché. «L’opposition a peur de ne pas être présente au niveau des conseils de quartier et de districts [et] redoute que les personnes qui y seront soient exclusivement au service du pouvoir. Ce dernier, quant lui, a peur de perdre l’influence au niveau des quartiers et des districts, prétextant que les chefs de quartiers et les présidents de districts sont les représentants de l’État à la base (…) C’est une peur bleue injustifiée», a estimé M. Camara.

Le dernier mot revient à l’Assemblée nationale qui devra se prononcer sur les points qui font l’objet de divergence entre le pouvoir et l’opposition. Si les députés venaient à approuver les différents points, ils auraient fait preuve de complaisance envers la loi, previent-il. «Il y a de fortes chances que [certains points de l’accord] soient recalés au niveau de la cour constitutionnelle», espère le juriste qui rappelle qu’en Guinée le vote est direct. Selon lui, les textes juridiques et règlementaires en vigueur dans le pays doivent être conforment à la Constitution.

Mohamed Camara pense qu’en cas de rejet des points qui fâchent par les députés, ni le gouvernement ni l’opposition ne sera accusé de manque de volonté dans l’application du chapitre concernant le mode de désignation des présidents de conseils de districts et des chefs de quartiers. Attendons de voir ce que les politiciens vont décider…

Thierno Diallo, Kababachir.c

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