Electrification rurale : plus de 80% des Guinéens n’a aucune source d’électricité

Les populations rurales sont bien avance par rapport aux programmes et projets …tardifs du gouvernement, liés notamment à l’électrification rurale de villages et campagnes. En effet, aujourd’hui, il est bien rare de voir une localité sans énergie renouvelable. Ici et là, des particuliers ont excellé dans l’installation des panneaux solaires, bien avant les lampadaires solaires offerts nous dit-on là-bas par le Chef de l’Etat.

Les panneaux solaires constituent la trouvaille appropriée. Avec ces panneaux, les ruraux suivent la télévision, ils chargent des téléphones portables, ils développent le secteur informel, ils rassemblent les jeunes, etc. ce nouveau mode de vie crée une certaine émulation, voire de jalousie. Mais, selon les bourses, on peut se procurer de panneaux. Mais, on cultive la fraternité et l’esprit de bon voisinage. C’est déjà ancré. Certainement pris de court, le gouvernement se réveille pour parler l’Agence Guinéenne d’Electrification Rurale (AGER).

Le constat qui sous-tend à ce projet est somme toute alarmant : plus de 80% de la population guinéenne n’a toujours pas accès au réseau national d’électricité ni même à aucune autre source d’électricité. Le ministre Taliby Sylla estime que cette situation « est due au coût élevé des investissements requis pour étendre les réseaux ou construire de nouvelles centrales et surtout aux difficultés pour rentabiliser les investissements avec une clientèle dispersée et à faible revenus. » Il a indiqué au passage que les principales contraintes dans le développement de l’électrification rurale demeurent le manque de ressources pour financer les investissements et l’absence de cadre institutionnel approprié. Pourtant, en 1998, le gouvernement d’alors avait élaboré la Lettre de politique sectorielle pour la promotion de l’électrification rurale décentralisée.

Cinq ans après, une Lettre de politique de développement du secteur de l’énergie a vu jour. Depuis, on est entre programme et projet : Projet Expérimental d’Électrification Rurale Décentralisée (PERD), Bureau d’Électrification Rurale Décentralisée (BERD). De longues années après, toujours rien. Aujourd’hui, on veut changer de démarche et de dénomination : BERD devient AGER.

De toute évidence, la mise en exécution de ce programme pourrait entre : réduire la pauvreté en zones rurales en y améliorant les conditions de vie et en dynamisant l’activité artisanale et la création de petites unités de transformation et conservation de produits agricoles ; limiter l’exode rural par la création d’emplois locaux ; améliorer la qualité des services sociaux ruraux (santé, éducation, télécommunications, eau potable, etc.)

En attendant, les ruraux n’attendent rien de personne. Du moins tant que le gouvernement ne fera qu’annoncer… On veut le concret là-bas.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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