Embaló-Dalein : un rapprochement de circonstances

Umaro Sissoco Embaló n’a jamais apprécié le penchant d’Alpha Condé pour un des opposants les plus farouches de Bissau, allant jusqu’à inviter l’opposant à Conakry. L’homme fort de Bissau garde une certaine rancœur. Il reproche en effet Alpha Condé d’avoir soutenu son rival électoral de 2019, Domingos Simões Pereira. L’inimitié était telle que le 20 août 2020, lors d’une réunion des chefs d’État de la Cedeao consacrée au Mali, Embaló avait à nouveau déclaré, sans expressément nommer Alpha Condé, que « les troisièmes mandats » sont des coups d’État.

En guise de représailles, Umaro Sissoco Embaló s’est prononcé en janvier 2020, il démêle l’écheveau : « Cellou, c’est mon parent peul. Si je peux le soutenir de quelque façon que ce soit, je le ferai. » Par ce biais, « Je ne cherche pas l’apaisement avec Alpha Condé, il m’a fait trop de mal. J’attends ses excuses. Il a soutenu mon adversaire, mais il ne s’est pas arrêté là. Il n’a aucun respect pour moi, et je n’ai aucun respect pour lui. » C’est donc la revanche jusqu’à la lie.

Dans un entretien accordé à JA, Sissoco Embalo ne semblait pas changer : « Je le soutiens, les choses sont claires. Cellou, c’est mon frère, mon candidat préféré pour la Guinée. Si j’étais Guinéen, je voterais pour lui et Alpha le sait ! » A y voir de prêt, on se rend compte que le rapprochement entre Embaló et Dalein est plutôt semblable à une revanche, plus qu’un soutien à proprement parler.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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