Emissions interactives et réseaux sociaux : des indices patents de clivages ethniques !

Pour celui qui veut savoir réellement ce que court actuellement la Guinée, il y a juste deux canaux à suivre. Il s’agit des émissions interactives des certaines radios locales et les réseaux sociaux, en l’occurrence Facebook (La pub est gratuite). En suivant quotidiennement ces sources de bouleversement, on est tétanisés, déboussolés, désorientés. La peur s’empare.

L’horizon s’assombrit et l’espoir d’une Guinée forte, unie et prospère éloigné à jamais. Les leaders politiques, les membres du Conseil économique et social, le Médiateur de la République, les Imams, prêtres, la société civile, etc., tout le monde ou presque suit ces émissions, lit les publications sur les réseaux sociaux, certains cadres ou supposés comme tels sont mêmes très actifs là-dans. Il y a de quoi avoir peur.

Le tissu social est en lambeaux et le mot n’est pas trop fort. En effet, la Guinée a du mal à se relever de l’entre-deux-tours de la présidentielle de 2010 qui a connu un des duels les plus mortels entre Dalein Diallo et Alpha Condé. Les discours tenus au lendemain même de l’élection inattendue de l’opposant historique par les deux finalistes n’avaient pas donné l’air de panser les plaies béantes et fraîches qu’eux-mêmes avaient créées.

Depuis, la crise couve sous la cendre. Des militants les plus analphabètes aux plus supposés intellectuels et responsables des deux partis (RPG et UFDG), chacun souffle sur les braises, tient des discours à l’emporte pièces. Pendant ce temps, les autres observent, attentistes.

Au parlement, le Grand homme ne pipe mot, même si les députés adversaires se crêpent les chignons. Dans les assemblées générales ordinaires des partis, c’est les réceptacles des reproches, pics et critiques des plus acerbes aux accusations les plus impitoyables. D’un côté, on attribue le retard du pays à « ces nains politiques et petits comptables » ayant géré le pays. De l’autre, on dénonce de l’amateurisme et une navigation à vue du gouvernement. Quoi de plus normal si cela construit la démocratie !

Dans les faits, ça dénature les acquis. Il suffit que le nom de famille soit proche de l’un ou de l’autre camp pour qu’on se voie attribuer de militant de Dalein ou de Condé. Un faux jugement en somme ! D’un côté ou de l’autre, il y a un dosage de toutes les communautés dans les deux partis politiques. Seulement, pour activer le feu, tous les Malinkés – mêmes malhonnêtes – appartiennent au RPG. Tous les Peuls – mêmes ceux de la Somalie – sont pour l’UFDG et Dalein Diallo. Un véritable débat de caniveau soutenu par des faiseurs de rois de la trempe de Bantama Sow, Bah Ousmane, Thierno Ousmane Diallo et les autres. Cette triste réalité devrait être bannie, car, elle pourrait être les germes d’une discorde dont plus personne ne saura mesurer les conséquences.

On vous aura averti

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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