Emplois jeunes : une bien curieuse politique!

« En lieu et place de l’emploi de jeunes, Alpha Condé débauche et jette en pâture des centaines de Guinéens diplômés. » Ce cri de cœur de Mohamed Lamine, diplômé d’une Université privée guinéenne qui trouve son pain avec son taxi-moto est largement partagé avec bien d’autres jeunes.

En effet, ces six dernières années, la raffinerie d’alumine de Fria a jeté au chômage près de 3 mille travailleurs avec leurs familles. Des couples ont été disloqués. Des membres de la même famille éparpillés au gré de la clémence du Ciel. Des foyers littéralement abandonnés. Alpha Condé et ses affidés trouvent moyen d’accuser des opposants, de chercher des bouc-émissaires pour justifier le dérapage et le copinage de Rusal dont les largesses ont été favorables à Alpha Condé, à son arrivée au pouvoir en 2010.

Récemment, c’est un autre proche de ce président qui indexe vertement le syndicat de Fria comme étant les origines de la crise que la cité traverse depuis quatre ans. Rio Tinto s’en va, sans que le moindre Guinéen ne sache ce qu’on a fait des 700 millions USD tombés dans des poches occultes. Des pertes d’emploi là aussi, alors que cette société faisait tant rêver des Guinéens. BHP Biliton abandonne tout et s’en va ailleurs au motif que rien n’est rentable avec son projet. Là aussi des pertes d’emplois. Alpha ne pipe mot.

La Badam a fermé, même cause, même effet : des débauchés cherchent encore boulot, ils ne trouvent point. La Sotelgui attend encore et encore d’être relancée. On est au stade des calendriers qu’on ne respecte jamais. Les mines de Forecariah, avec Bellzone a également foutu en l’air des agents actuellement sur le carreau. Ailleurs au sein de l’administration publique privée, une structure se meurt. Elle a pour nom : autorité de régulation des marchés publics (ARMP). Plus d’une quarantaine d’agents sont sans salaires depuis quatre mois. L’Institution est en lambeaux et à vau-l’eau. Elle est menacée de fermeture, à cause notamment de l’amateurisme avec lequel la crise institutionnelle qui la secoue  est gérée à l’interne et au niveau de la Présidence de la République.

Aujourd’hui, c’est cette affaire de taxi-moto qui défraie la chronique. C’est des milliers de jeunes qui se supportent et supportent leurs familles avec une moto. Leur vie est menacée. Pire, la filière des voitures d’occasion est aussi menacée. Des Guinéens risquent de perdre leurs affaires au pays comme à l’étranger. Avec Alpha Condé, on assiste à une curieuse politique d’emplois jeunes mais surtout de sauvegarde. Il a débauché plus qu’il n’en emploie. Plutôt dommage !

Un bien triste changement…

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

 

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