En 2020, un autre Dalein est-il possible?

Dalein Diallo ne doit pas aller aux élections face à Alpha Condé, à cause notamment à un fichier électoral corrompu, l’implication à outrance des préfets, gouverneurs et autres dans le processus et vu les morts d’hommes sur l’Axe ainsi que les grosses pertes matérielles enregistrés lors des marches pacifiques.

Voici l’argument que bien des militants et autres observateurs de la scène politique guinéenne avancent pour dissuader le président de l’UFDG d’aller à la présidentielle. Pour sa part, Ismael Condé, transfuge du RPG est sans appel : « Aujourd’hui quelqu’un en soit la décision prise par le conseil politique du parti je prends ici l’engagement de m’y soumettre. Mais pour autant je prends position pour la non-participation du parti pour ces élections. » Le transfuge cite ses raisons :

1 – une élection présidentielle est un rendez-vous entre une personne  et son peuple. Mais pour ces élections le peuple est pris en otage et est représenté par Alpha Conde sa CENI et son administration

2 – On ne participe pas à une élection dont le gagnant est connu d’avance et que celui-ci est prêt à tout pour.

3- le Combat pour l’avènement de la démocratie ne peut être mené que par  l’UFDG seule. La preuve depuis 2007  ce sont seuls  les militants et sympathisants de l’UFDG qui  mènent  le combat pour une véritable démocratie en Guinée. Pour une fois nous avons l’assurance de voir les autres nous rejoindre pour mener la bataille finale. Nous n’allons pas quand même nous en privée de cela ?

4- Il est évident qu’une élection libre et transparente organisée en Guinée aucun parti ne pourrait nous battre sauf que ces élections ne seront ni libres ni transparentes. Pourquoi participer.

5- Nous avons besoin juste un peu patience. Maximum 24 mois pour définitivement tourner la page de ce régime qui sera  écrasée par la force de notre combat.

Membre du bureau exécutif de l’UFDG, Ismael Condé « demande avec la main sur le cœur ce petit temps de patience. Je sais que c’est  dur pour nous. Mais  malheureusement c’est la seule solution qui nous reste. »

Pourtant, sauf par miracle, Dalein ira à la présidentielle. Alors question : un autre Dalein, différent de celui de 2010 est-il possible en 2020, avec tous les enjeux politico-sociaux, tant à l’interne qu’à l’externe ? Cette question est lancinante. Si le leader de l’UFDG n’y va pas, Alpha Condé, le félin politique pourrait bien utiliser cette faille pour verrouiller la piste de Séhoutouréya par l’émergence d’un tocard issu de sa famille politique. Ce serait donc l’autre façon de signer l’arrêt de mort de ses opposants, voire de son opposant, les autres anciens Premiers ministres déjà politiquement morts.  

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