Enquêtes parlementaires : un leurre !

Les députés qui s’offusquent de voir des manquements dans la gouvernance d’Alpha Condé peuvent continuer à pleurnicher, à dénoncer. Mais, à l’Assemblée nationale, ce n’est vraiment pas la tasse à café du Président Kondiano qui se délecte déjà les babines avec un budget revu à la hausse, alors que les budgets antérieurs n’ont jamais fait l’objet de transparence.

De l’avis d’Aliou Condé de l’UFDG, c’est une incurie. Et d’ajouter : « Si près de 120 milliards GNF sont sortis et nous n’avons jamais vu un appel d’offre dans un journal, il est de notre droit de le savoir ce qui s’est passé avec le budget. C’est une incurie à corriger. » Faux, réplique-t-on de l’autre côté, arguant qu’on ne peut pas contrôler un budget qui est encore exécution. « J’ai vu le règlement intérieur comme vous et je n’ai vu nulle part que le budget de l’Assemblée nationale doit être adopté à huis-clos ou en plénière », soutient le président Kondiano. L’opacité de la gestion des fonds du Parlement concerne tout aussi les salaires, primes et indemnités.

On comprend aisément l’occupation du président de l’Assemblée nationale dont la mission première devrait être le contrôle de l’action gouvernementale. Y compris par des enquêtes parlementaires. Enquêtes parlementaires disions-nous ? Un leurre. Kondiano a d’autres choux à planter. Aucune proposition de loi émanant de l’opposition n’a été prise en compte.

Ousmane Gaoual Diallo de guerre lasse regrette : « Le Parlement est outrageusement dominé par le RPG ». Il reste que l’UFDG voulait diligenter des enquêtes parlementaires liées aux détournements des fonds publics, aux marchés de gré à gré. Mais, ajoute Aboubacar Sylla, « On s’est toujours heurté à la majorité présidentielle ». Et de conclure : « Le parlement est un appendice de l’Exécutif ». Ceci explique cela !

Jeanne Fofana

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