ENSEIGNEMENT PRE-UNIVERSITAIRE : 40 milliards de détournés, selon Alpha Condé

Ces derniers temps, les rumeurs les plus folles ont circulé au sujet du ministère de l’enseignement pré-universitaire et de l’alphabétisation. On a notamment dit que le ministre Ibrahima Kourouma aurait, une nouvelle fois, gonflé le budget des examens nationaux. Selon certaines indiscrétions, l’opposition du chef de l’Etat de laisser passer un tel montant serait à la base du retard que l’on a constaté dans l’organisation de ces évaluations. Il se trouve que ces informations n’étaient point de rumeurs. Car le président de la République, lui-même, les a confirmées hier.

Resservant la promesse sur la fin de l’impunité et des traitements de faveur, le président de la République a pris en exemple le ministre Ibrahima Kourouma. Il a ainsi révélé que l’année passée, les examens de fin d’année avaient coûté 70 milliards de francs guinéens et que cette année, on aurait économisé 40 milliards. Une différentielle résultant d’une mission d’inspection que le chef de l’Etat aurait lui-même ordonnée afin de s’assurer de l’effectivité de certaines dépenses. En filigrane, il a particulièrement mis en exergue la question des écoles fictives. En gros, selon Alpha Condé, au compte de l’année dernière, au moins 40 milliards de FG ont été détournés.

Cette dénonciation n’a cependant aucun mérite de la part du chef de l’Etat. Car au sein de l’opinion, à travers de nombreuses révélations de la presse, on soupçonnait ce type de magouilles. On soupçonnait les écoles fictives et les surfacturations. Mais le président de la République n’avait rien voulu savoir. Il avait laissé faire. Pire, il avait, au lendemain de son élection en octobre 2015, confirmé l’auteur de toutes ces grosses malversations économiques.

Du coup, le fait pour lui de vouloir de révéler tout ça aujourd’hui n’a aucune importance. Parce que d’une certaine façon, il est associé et co-responsable des actes qu’il a laissé faire. Surtout qu’il n’est pas non plus sur que le ministre en question sera sommé de rembourser les fonds détournés.

Malheureusement, il en va ainsi de la gestion des deniers publics sous la gouvernance du président Alpha Condé. Des dénonciations et encore des dénonciations. Mais aucune suite.

Anna Diakité,www.kababachir.com

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