Environnement : pourquoi a-t-on limogé la ministre Christine Sagno ?

On sait pourquoi les frères Kourouma ont été débarqués du gouvernement : un amateurisme sans commune mesure a accompagné la gestion chaotique du concours de recrutement des enseignants à la Fonction publique et la grève au niveau du Pré universitaire. Seulement, le motif du départ de la ministre de l’Environnement est peu connu. Du moins, par certains Guinéens.

Selon des sources concordantes proches du Cabinet de la ministre partante, on fait état d’un trafic de bois dans lequel est trempée Christine Sagno. Elle est indexée par des détracteurs comme étant la facilitatrice de ce trafic qui s’étend de la Guinée Bissau jusqu’au Sénégal.  Selon un confrère, « Dans des échanges électroniques entre les services guinéens et ceux de la Guinée Bissau, il est dénoncé que des individus de nationalité sénégalaise coupaient du bois en Guinée pour le vendre en Gambie, via la Guinée Bissau ou le Sénégal. Ce bois, venait de la région de Boké, à travers les sous-préfectures de Sansalé (dans la préfecture de Boké) et de Foulamory (dans la préfecture de Gaoual). » Cette exploitation illicite du bois a précipité donc le départ du gouvernement de la ministre Sagno. Elle serait non seulement victime de son manque de réactivité mais aussi et surtout accusé de complaisance et de corruption.

Il y a quelques semaines, à l’occasion de la Journée Internationale des Forêts la ministre de l’Environnement, des Eaux et Forêts, Christine Sagno, a tenu à sensibiliser le grand public à une prise de conscience sur l’importance des forêts et des arbres hors forêts. Selon la Cellule communication du gouvernement, la Ministre interpelle les populations sur les conséquences de la déforestation massive largement perceptible par les changements climatiques, l’érosion côtière, la rareté des produits forestiers ligneux et non ligneux.

La ministre en charge de l’Environnement, évoquant la campagne de reboisement 2016 a rappelé que cette action « repose sur les sites concernant les versants des barrages hydroélectriques, les têtes des sources des principaux fleuves soudano-sahéliens prenant source en Guinée, les berges du fleuve Milo, la mare de Baro et la ceinture verte au Nord de la Guinée. »

Au cours d’un conseil des ministres, Christine Sagno avait précisé que la mise en œuvre de cette campagne nécessite le recours à des financements innovants et proposé l’organisation d’une caravane de mobilisation des fonds en faveur de la campagne de reboisement. Des recommandations ont été formulées pour mieux mener la démarche. Malheur lui en a pris. Elle vient d’être débarquée…

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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