Etats-Unis : L’élection de Trump vue par la classe politique guinéenne

L’élection de Donald Trump comme 45è président des Etats-Unis suscite des vives réactions tant aux Etats-Unis que dans le reste du monde. Et la classe politique guinéenne n’est pas en marge de cette situation.

Pour  Bah Oury, Vice-président exclu de l’UFDG, l’élection de Trump est une tendance relativement inquiétante :

« L’élection du nouveau président américain M. Donald Trump est une indication d’une tendance que nous avons observée dans le monde relativement inquiétante. Vous savez qu’avec le brexisme en Grande Bretagne, l’élection de Rodrigo Duterte aux Philippines, la dérive autoritaire dans certains pays d’Europe centrale qui érigent des murs contre les immigrés, c’est comme si le monde a oublié les méfaits de la seconde guerre mondiale. La xénophobie, le recours des dérives d’exclusion vis-à-vis des minorités devient une tendance lourde dans le jeu politique, surtout dans les pays du nord.

Parlant des relations entre les Etats-Unis et le reste du monde, l’ancien Vice-président de l’UFDG ajoute:

« Si vous regardez également même en Afrique, la question des droits de l’homme est en train de connaître des reculs avec le retrait de certains pays comme l’Afrique du Sud de la cour pénale internationale (CPI). Donc, le monde évolue vers un populisme qui préfigure une situation dangereuse pour la paix internationale et la sécurité dans le monde. L’élection du président Trump est une situation inquiétante par rapport aux révolutions antérieures que nous avons connues. Notamment pour le changement climatique pour une tendance à la décrispation internationale, pour la normalisation des relations entre les Etats-Unis et le Cuba. Enfin, il y a beaucoup de choses qui doivent d’être suivies avec attention. Puisqu’au delà des Etats-Unis, c’est le monde qui est aujourd’hui dans une dynamique de perspective et d’inquiétude »

De son côté, Ousmane Gaoual Diallo, député uninominal de Gaoual, pense qu’il ne faut pas tout de même désespérer, parce qu’en Amérique, les institutions sont fortes et le président n’est pas libre de faire ce qu’il veut.

«  Je pense qu’il y a plusieurs leçons à tirer. D’abord, cela montre que dans une démocratie, la décision appartient au peuple. Cela n’est pas l’apanage des sondeurs. Ce n’est pas l’opinion extérieure qui fait l’élection, c’est ceux de l’intérieur et c’est leur décision qui est importante. C’est aussi une fête de la démocratie parce qu’après tout, c’est l’avenir du peuple américain qui est en jeu. Les Américains ont choisi cette voie, même si notre préférence allait à Hillary Clinton pour le passé qu’on connaît, pour les inquiétudes que posent les déclarations du président élu. Maintenant, comme on dit, attendons de voir ce que ça va donner. Il ne faut pas désespérer parce qu’en Amérique, les institutions sont fortes et le président n’est pas libre de faire ce qu’il veut. Il faut compter sur un parti républicain soucieux de recentrer le discours par rapport à des comportements qui ne sont pas acceptables pour l’avenir même de la démocratie en Amérique.
Donald Trump devra composer avec un parti républicain divisé plus que jamais, une société américaine inquiète et divisée aussi. Il faut donc réconcilier à l’intérieur de sa famille politique mais aussi réconcilier l’Amérique. Et puis mettre en application des politiques qui tiennent en compte la dimension internationale de l’Amérique dans les actions publiques internationales.
L’Afrique ne devrait pas souffrir de cela parce que peu importent les couleurs politiques des locataires de la Maison blanche, la politique africaine est restée la même, c’est une continuité. C’était un peu l’école, l’éducation, c’etait la lutte contre le terrorisme sous Bush, l’amélioration de l’accès à l’électricité sous Obama et puis on va voir quelles inflexions cela va prendre avec l’arrivée de D. Trump. Mais en dehors de cela, nous célébrons la démocratie tout simplement.
Trump a réussi à capter l’électorat américain par des discours simples et puis les gens ont écouté ça par rapport à des discours très sophistiqués, très réfléchis, très professionnels. Le populisme gagne aussi. C’est comme ça qu’Hitler est arrivé au pouvoir par une élection en 1939 je crois. Donc on sait que le populisme a l’avantage de capter l’attention rapidement même si l’efficacité reste à prouver pour l’avenir 
», fait remarque le Conseiller politique de Cellou Dalein Diallo chez nos confrères de mediaguinee.com.

Abdoul Wahab Barry, www.kababachir.com

 

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