Evaluation des ministres : la même rengaine revient !

Elle ne fait pas de recette, mais elle est sans cesse évoquée avec grande pompe : l’évaluation des ministres de la République. Une rengaine en somme que réchauffe Alpha Condé, après rassuré vraiment qu’elle n’a jusque-là point fait sensation ou inquiéter un ministre.

La semaine dernière encore Alpha Condé revient pour ré annoncer que : « les performances des ministres seront évaluées » et ces derniers seront chargés de « procéder à la même évaluation de leurs propres collaborateurs ». Cette honteuse rengaine doit faire rire sous cape, certains ministres reconduits et donner des frissons aux nouveaux arrivants. Pas si probables tout de même, tant et si bien, ils savent qu’ils sont venus au gouvernement par la petite porte, pour certains. Donc moins méritants. Pour rappel et pour surtout montrer que Condé est en train de blaguer, il n y a qu’ voir dans les archives proches. Sous Said Fofana, des ministres ont été évalués ou pris comme tels, car des résultats n’ont jamais été rendus public.

Sans trop savoir le nombre de mois qu’il faut pour être évalué, on sait en revanche que Said Fofana avait fondé un grand espoir sur ces fameuses lettres de mission. On a parlé de trimestre, mais, apparemment, rien n’y fut. Il n’a empêché qu’Oyé Guilavogui, le sulfureux de passer au grand oral. Au même titre qu’Ibrahima Kourouma sous le magistère duquel bien des fraudes ont été enregistrées lors du baccalauréat passé. Le ministre des TP, aussi passera devant les évaluateurs. Il reste que des sanctions ne suivent

pas en cas de manque de résultats. En tout cas, lors de la première évaluation, on n’a pas eu connaissance d’un ministre qui ait été démis faute de résultat. On sait quand même que des ministres avaient marqué d’une pierre blanche leur passage.

Allons donc évaluer ceux qui nous gouvernent. On risque d’être déçus ! Même les démagogues invétérés le savent. Récemment, le PM devant les députés avait déclaré que « Le nouveau dispositif est désormais axé sur les résultats et chaque ministre connait la nature et l’étendue de sa mission, les objectif et les délais d’exécution ».

Cette initiative « responsabilise les détenteurs de l’autorité publique et introduit une logique de programmation et de suivi évaluation des résultats à tous les niveaux de l’administration. » Les performances affichées par chacun des ministres doivent permettre à Condé de se faire une petite virginité politique, à l’approche des joutes électorales. C’est en cela, avait prévenu Alpha Condé que : « 2014 doit nous permettre de gagner les élections de 2015. Il faut que les investisseurs viennent. Donc, je n’ai pas d’état d’âme, je n’ai pas de sentiment, je choisirai mes hommes en fonction de l’intérêt de la Guinée. Un point ». On a donc une idée de la fameuse évaluation.

S’agissant de la fameuse politique sectorielle, le gouvernement d’alors avait appelé à la mise en œuvre. Tout cela s’est limité au projet, aux annonces. Une confirmation de la léthargie.

Tous les ministres ou presque sont sclérosés, en manque d’initiatives. Ils ne parviennent donc pas à faire bouger les lignes. Pourtant, d’une

façon démagogique on évoque des titres creux, comme ‘’gouvernement de mission’’. Aujourd’hui, aucune évaluation n’a été faite pour interpeller ceux qui nous gouvernent. Chacun ratisse large avant la tempête des décrets en perspective. On mange des pieds et des mains en toute impunité. Et on se cache derrière le ‘’grand parti’’. En appelant donc aujourd’hui ses ministres à se « conformer aux grandes orientations du programme gouvernemental », Alpha Condé sait de quoi il parle.

Il est conscient que ça ne marche. Mais, il ne change pas non plus ces ministres incompétents, parce venu sous le label de militant et non d’homme capable, trié sur le volet, comme Alpha Condé lui-même avait voulu au départ : les nominations se font sur CV et non sur appartenance politique. Il était une fois ce vœu pieux !

Jeanne FOFANA, www.kababachir.com

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