Éventuelle modification constitutionnelle : Alpha Condé maintient le suspens

À l’occasion de la visite d’État qu’il effectue en France, le président Alpha Condé a abordé la question d’un éventuel troisième mandat que certains caciques du régime souhaitent qu’il demande aux Guinéens pour rester au Palais Sekhoutoureyah, au-delà des deux mandats que la Constitution lui permet. Sans pour autant donner sa position tranchée, laissant encore planer le doute sur sa réelle intention.

Au cours d’une rencontre avec la presse française dans un hôtel parisien, le chef de l’État guinéen n’a pas rassuré les Guinéens qui craignent la modification de la Constitution pour lui ouvre la porte d’un nouveau quinquennat. En effet, comme le rapporte le journal Libération, à la question de savoir si le deuxième mandat entamé en décembre 2015 serait le dernier, Alpha Condé a réclamé que l’Occident cesse de dicter aux dirigeants Africains ce qu’ils doivent faire. « Arrêtons avec cette vision dogmatique de savoir si la bonne chose est un, deux ou trois mandats. Ça dépend de chaque pays et de la volonté de son peuple. Nous ne voulons plus que l’Occident nous dicte ce que nous devons faire. Les pays développés, on ne leur pose pas la question ! Est-ce qu’on pose la question à Singapour par exemple [le Premier ministre est dans son troisième mandat] ? Je n’ai pas à répondre. Ce n’est ni aux journalistes ni aux puissances extérieures de décider », a-t-il répondu, visiblement irrité par la question.

Selon l’ancien opposant historique, sa préoccupation dans l’immédiat, ce n’est pas le nombre de mandats qu’il fera à la tête de la Guinée mais plutôt l’application de son programme de développement. « Pour le moment, j’ai un programme de développement et je me bats pour l’appliquer. Ma préoccupation n’est pas le nombre de mandats. C’est un débat qu’on nous a imposé. Marx a dit que l’humanité ne se pose jamais que des problèmes qu’elle est capable de résoudre. Le mien, c’est comment changer les conditions de vie des Guinéens, et avant tout des jeunes », a-t-il ajouté.

Contrairement à ses homologues Ivoirien Alhassane Ouattara, Nigérien Mamadou Issouffou (ou encore le Béninois Patrice Talon qui a tenté de réduire le nombre de mandat à un seul de six ans, proposition rejetée par l’Assemblée nationale béninoise) qui ont annoncé publiquement qu’ils quitteraient le pouvoir au terme de leur second quinquennat, c’est donc le suspens que le numéro un Guinéen a préféré maintenir, renforçant davantage les craintes de ceux qui pensent qu’il veut se ranger derrière ses amis : le Rwandais Paul Kagamé, les Congolais Denis Sassou Nguessou et Joseph Kabila, et le président Burundais Pierre Nkurunziza qui se sont accrochés au pouvoir, contre la volonté de leurs peuples.

Thierno Diallo, Kababachir.com

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