Examens 2016, L’occasion manquée des parents d’élèves

Un des nombreux drames de la Guinée réside dans le fait que personne ne s’acquitte du rôle attendu de lui. En lieu et place, tout le monde se complait dans la propagande et la démagogie. Une des meilleures illustrations de cette caractéristique bien guinéenne, c’est l’attitude que la Fédération guinéenne des associations des parents d’élèves et amis de l’école (FEGUIPEAE) a témoignée à l’endroit du ministre de l’enseignement pré-universitaire, Dr. Ibrahima Kourouma. Sollicitant et obtenant de ce dernier une audience, une délégation est venue lui faire part de la gratitude des parents d’élèves suite à une prétendue bonne organisation des deux premiers examens (entrée en 7ème et BEPC).

Bien entendu, il est à se demander si cela le rôle d’une telle Fédération. A-t-elle pour mission de délivrer des satisfécits pour le ministre en charge de l’enseignement ? Certainement pas. Sa principale vocation est de servir d’intermédiaire entre les parents d’élèves et les écoles. Elle peut aussi défendre les intérêts des parents devant l’Etat. Et c’est à ce titre qu’elle avait, à la veille des élections présidentielles de 2015, sollicité et obtenu le report de la date d’ouverture des classes. Il ne lui revient surtout pas de tresser des lauriers pour un ministre dont la mission est de toutes les façons, de faire en sorte que les choses marchent au mieux.

Mais dans le cas d’espèce, pour les besoins de la propagande, la FEGUIPEAE a même une de ses vocations essentielles : défendre les intérêts de ses membres. En effet, on ne comprend comment cette fédération a pu juger impeccable l’organisation des examens alors que 42 candidats du groupe scolaire Karamako Bangoura ont été privés du BEPC ? Il faut rappeler que les candidats avaient, à travers leurs parents, versé l’intégralité des frais de scolarité annuelle qui se chiffrent à 900.000 francs guinéens et qu’en plus, ils ont versé 200.000 francs guinéens supplémentaires en rapport avec leur candidature au BEPC. Les candidats et leurs parents se disent bien sûr flouer par l’ensemble du système éducatif. Beaucoup d’entre eux allant jusqu’à se confier aux médias. Et comme si elle était insensible au sort de ses 42 pauvres candidats, la fédération s’autorise à dire que l’organisation des examens a été parfaite. C’est à ne rien comprendre.

Anna Diakité, www.kababachir.com

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