Face au COVID-19, « La Tontine » comme outil au service de l’inclusion financière et de l’autonomisation des femmes en Afrique

Face à l’impact de la pandémie COVID-19, les initiatives se multiplient au niveau de la junte féminine en Afrique, afin de se réinventer et trouver la solution aux problèmes qui assaillent aujourd’hui les entreprises en Afrique.

Pour faire face aux besoins de financement de leurs activités en période de COVID-19, des Femmes cheffes d’entreprises misent sur la « Tontine »

C’est dans cette optique qu’une plateforme des femmes Cheffes d’entreprises a été récemment mise en ligne dénommée « Elles ‘Coaching » afin  d’échanger et de partager les expériences via vidéoconférence.

Conjointement lancé par ‘’MadameDigital’’ et l’ONG WAFRICA (Women of Africa), “Elles’Coaching” est un programme de développement personnel et professionnel 100% femmes entrepreneures, en Guinée et au Sénégal et dont l’objectif est de soutenir les femmes cheffes d’entreprises en vue d’assurer leur autonomisation financière.

Après le succès enregistré lors de la première édition, le 22 Avril dernier, la deuxième édition de Elles’Coaching’’, tenue ce 28 mai 2020 avait pour thème : ‘’Femmes Cheffes d’entreprises et entrepreneures : Epargne et Finances face au COVID-19’’.

La démarche vise à assurer la solidarité entre les femmes cheffes d’entreprises et entrepreneurs en cette période de crise sanitaire, en initiant des approches participatives afin de favoriser la relance des activités économiques post-pandémie. Il s’agit de s’investir activement pour trouver une solution appropriée face aux contraintes environnementales liées à la pandémie. 

La ‘’Tontine’’ comme outil au service du développement économique et social en Afrique

Pour assurer le financement de leurs activités, ces femmes cheffes d’entreprises et entrepreneures se penchent sur la « tontine ». Une épargne solidaire qui peut s’avérer utile en cette période de pandémie de COVID-19. 

En l’absence d’un dispositif d’appui financier des gouvernements et ses différents partenaires, ces femmes entrepreneures, ont au cours de leurs échanges virtuels estimé, que la « tontine » pourrait être un outil adapté à leurs besoins de financement en cette période de crise sanitaire.

S’exprimant sur le sujet, Mme Ndeye Khady Diak  reste convaincue qu’ « En Afrique, l’épargne solidaire est un style de vie matérialisé par des différentes cotisations existantes telles que les tontines, et la crise du COVID-19 a vu cet élan se confirmer. »

C’est pourquoi, ajoute-elle, « Il devient impératif de réorganiser cette épargne qui, accompagnée par des professionnels, permettrait  à des groupements de détenir des produits financiers créateurs de richesse et de développement, auxquels elles n’auraient pu avoir accès en tant d’individu », a estimé la Directrice Générale  Adjointe CGF Bourses du SENEGAL.

Pour Mme Maimouna Barry, Directrice Générale NSIA Vie Assurance GUINEE, « L’épargne de manière générale est un levier du développement socio-économique de nos pays. La crise sanitaire en cours, avec son corollaire  révèle notre sensibilité face aux crises internationales. L’une des réponses à cette sensibilisation se trouve dans notre capacité de mobilisation de l’épargne qui en plus de sécuriser les revenus,  garantit également une autonomie financière. L’implication des professionnels  s’avère donc indispensable pour une meilleure mutualisation des risques. »

Assurant la modération au cours de ce débat, la Directrice Exécutive WAFRICA Women of Africa (GUINEE) fait remarquer que « Le continent africain, a le taux le plus élevé au monde en termes d’activité entrepreneuriale par les femmes. Et pourtant, les chiffres ne suivent pas quand il s’agit de leur inclusion socio-économique et financière » et surtout de leur prise en compte face au COVID-19. ».

Cependant, ajoute Mme Fatou Hann Souaré : « Dans nos sociétés, ce sont elles encore qui épargnent tellement naturellement, que c’en est devenu aujourd’hui une pratique sociale bien ancrée et dont le lien fort est la « tontine ». Comment rendre cette pratique plus rentable pour les femmes en cette période ? Des femmes ‘’pros’’ de la finance peuvent nous le dire… » a—t-elle lancée

Pour sa part, Mme Mariam Tendu Kamara, CEO Baantou et Fondatrice Madame Digitale (GUINEE-SENEGAL) rappelle qu’« Il nous incombe de répondre aux questions posées par les femmes, toute catégories sociales confondues, pour qu’elles puissent faire face aux conséquences économiques de cette pandémie du COVID-19. Trouver les expertises qui peuvent transmettre et partager un savoir-faire sur le « quoi-faire » et le « comment faire » pour accéder aux outils les plus adaptés pendant cette période est une priorité absolue. Car, parler d’épargne et de finances face à une situation aussi improbable que celle que nous traversons, nécessite une réelle « disruption » (rupture) de notre part pour servir les priorités de plus de la moitié de nos populations ».

En tout cas, ces femmes entrepreneures et cheffes d’entreprises entendent mettre à profit cette période de crise sanitaire liée au COVID-19, pour trouver une solution à la problématique de financement de leurs activités afin d’assurer la survie des leurs entreprises.

Abdoul Wahab Barry, www.kababachir.com

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