FAIBLE ABSORPTION DES FONDS : La Guinée sollicite un traitement de faveur

Pathétique et ridicule, la Guinée l’est tout à la fois. Le président Alpha Condé se borne à se faire passer pour un chantre de l’africanisme et d’un souverainisme plutôt démodé. Mais il n’est peut-être pas en train de réaliser que sous son magistère, le pays s’offre de plus en plus en spectacle aux yeux du monde. Le dernier cas en date vient d’avoir quand, à la faveur de l’ouverture de la revue des projets de son institution, le nouveau représentant-résident de la Banque mondiale en Guinée a publiquement dénoncé le faible taux d’absorption par le gouvernement guinéen des financements à lui consentis. Révélant au passage que son institution dispose de 300 millions de dollars en attente d’être décaissés par la Guinée, Rachid Radzi préconisé des réformes que le pays doit faire pour faciliter le processus de décaissement des fonds à lui alloués.

En particulier, sur un ton convenu en pareilles circonstances, il a proposé  davantage de vigilance autour de la passation des marchés, du suivi et évaluation et surtout de l’ancrage institutionnel. En outre, selon lui, il est nécessaire « d’aider à renforcer les capacités des structures bénéficiaires pour une bonne exécution des projets ».

En gros, de manière objective, l’expert de la BM a mis en évidence les problèmes qu’il convient de régler pour que la Guinée puisse davantage profiter de l’argent mis à disposition. Mais adepte de la stratégie de l’esquive, des faux fuyants et de la facilité, la Guinée préfère solliciter autre chose. Son représentant à la rencontre, Péma Guilavogui, du ministère du plan et de la coopération internationale, propose en effet :

« Nous devons mener des efforts à la fois du gouvernement, et des partenaires pour alléger les procédures de décaissement des fonds existants. Parce qu’en réalité, ce sont les procédures qui posent problème. Il faut pouvoir, à la limite des responsabilités, aller dans le sens d’un meilleur décaissement ».

En français facile, cela veut dire que la Guinée, pour on ne sait quelle raison, propose que l’institution allège ses procédures, que c’est à la Banque mondiale de s’adapter au contexte aussi particulier que figé du pays. C’est à croire que celui qui s’est exprimé n’a vraiment rien entendu des propos de Rachid Radzi. Autrement, le quémandeur qu’il est se serait empressé de promettre la mise en œuvre des réformes préconisées, au lieu ridiculiser ainsi le pays en donnant l’impression de ne pas savoir de quoi il parle.

Anna Diakité, www.kababachir.com

 

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