Faut-il poursuivre Alpha Condé pour non-assistance à personne en danger ?

Faut-il poursuivre Alpha Condé pour non-assistance à personne en danger ?

« Cette pandémie apparue au mois de décembre dernier et sans précédent dans l’histoire récente de l’humanité fait des ravages dans le monde à une vitesse de propagation et de nuisance extraordinaire. » C’est ce seul bout du discours du président guinéen devrait suffire pour prendre des mesures plus tôt afin d’éviter aux Guinéens ce traumatisme largement partagé par bien des familles vivant à Conakry et environs. Mais, Alpha Condé a fait croire que tout est au point pour contenir le virus. Aujourd’hui, il se révèle que c’était juste de la poudre aux yeux. Et même les mesures dites « renforcées dans la lutte contre la pandémie avec comme objectif de combattre et prévenir la propagation du Coronavirus à travers le pays » ne sont pas respectées.
Constats : « Les transports en commun de la ville de Conakry seront soumis à une limitation de passagers : 3 passagers par voiture, 1 par moto, et 7 à 10 par minibus. » Cette mesure, dans le courant de la journée crève les yeux. A plus forte raison la nuit. A l’aube, les minibus sont bondés. Les taxis aussi. Plus le soleil se lève, plus la mesure prend corps. Pour ne rien arranger, certains bars, salles de jeux et autres lieux de rassemblement à priori fermés pour dit-on une durée de quatorze (14) jours, renouvelables ignorent carrément la mesure d’urgence. Parfois des hauts commis de l’Etat y viennent pour ajouter le chaos au risque.
Qui a dit que « L’accès aux lieux publics et privés (marché, restaurants, banques etc.) se fera sous condition du respect des gestes barrières sanitaires (installation de kits de lavage des mains, distanciation de 2 mètres etc.) » ? Un simple constat ce lundi matin aux devantures de certaines banques, notamment à Orabank, Société générale, banque islamique, on se rend à l’évidence que tout est ignoré. Ici et là, un seau d’eau chlorée, puis, on tousse, on éternue et on se bouscule. L’essentiel c’est d’en sortir avec son salaire viré.
Pourtant, Alpha Condé avait brandit : « Le non-respect de ces mesures pourra être suivi de dispositions disciplinaires. » Certains en rient. Tout bonnement.
On attend encore « un plan de riposte économique susceptible de soutenir notre économie et aider le secteur privé à absorber les chocs induits par le ralentissement prévisible de l’activité économique », avait signalé le président de la République. Aujourd’hui, les Guinéens sont livrés à eux-mêmes. D’où la nécessité de poursuivre l’Etat pour non-assistance à personnes en danger. Pour étayer les failles, le gouvernement lui-même a fait un aveu d’impuissance : « Il est malheureusement constaté que certaines de ces mesures ainsi que celles qui étaient déjà en vigueur ne sont pas systématiquement respectées. »

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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