Faut-il (vraiment) répondre à Oumar Mariko ?

« J’ai simplement soupçonné monsieur CellouDalein Diallo de colporter l’ethnocentrisme guinéen au Mali. Il est Peulh, Mahmoud Dicko est peulh. Mais l’imam Dicko ne tombera pas dans un tel pervers dans la mesure où l’imam Dicko a beaucoup plus de connexion dans toutes les autres ethnies que l’ethnie peulh. » C’est la signature d’Oumar Mariko, sur le site de Média Guinée. Une indignation. Une souillure. Une folie. Une provocation. Mais qui connait cet opposant en perte de vitesse au Mali, doit juste tourner le dos à ces élucubrations fantaisistes. De toutes les façons, il y a deux ans, ce médecin et homme politique malien, alors présent à Conakry s’est bien raillé de la classe politique guinéenne. Du chef de file de l’opposition au président de la République. Une outrecuidance de trop pourrait-on dire, car, la Guinée étant au bord du chaos avec un climat politique et social délétère, l’opposant malien n’avait pas besoin de s’attaquer aussi ouvertement à la classe politique guinéenne.

Et pourtant, au cours d’une émission radio, Oumar Mariko tançait la classe politique : Dalein Diallo ? Ethno. Alpha Condé ? Zéro. Lansana Kouyaté ? Inefficace. Sydia ?  « Il ne pourra rien apporter. » Le leader du parti politique, Solidarité Africaine pour la Démocratie et l’Indépendance fondé en 1996, s’attaquait de fait aux opposants et à Alpha Condé. Il était pourtant bien mal placé pour le faire. En effet, tocard par essence et d’obédience marxiste, Oumar Mariko a participé à toutes les luttes sociales de son pays. Il est connu pour son penchant pour les principales figures autoritaires de la gauche radicale internationale, comme Hugo Chávez.

Candidat malheureux aux élections présidentielles de 2002, 2007, 2012 cet opposant à vie est un déstabilisateur des régimes maliens. À la suite du coup d’État qui renversa le chef de l’État dans la nuit du 21 au 22 mars 2012, Oumar Mariko et son parti politique la SADI ont créé le Mouvement populaire du 22-mars (MP22), en soutien aux mutins. Oumar Mariko affirmait qu’il a participé à la planification du coup d’État. Et c’est ce même perturbateur dans l’âme qui déclarait en 2013 à la veille de la présidentielle qu’il veut « bâtir un État démocratique fort, respectueux des valeurs républicaines, et de la répartition équitables des ressources du pays. » Lui qui soutenait des coups d’Etat, lui qui est complètement à Gauche, lui qui est Chaviste, l’autre despote sud-américain. Oumar Mariko n’a rien à apprendre à la classe politique guinéenne.

La presse malienne notamment, Le Nouveau réveil en sait quelque chose de ce perturbateur politique qui pousse son outrecuidance jusqu’au Palais Sékhoutouréya : « Il fut le soutien de la junte militaire avant d’opter pour la carte prépayée d’IBK. Aujourd’hui, il est le soutien des perturbateurs de la démocratie malienne et des opposants. Il souffle à l’oreille du chef de l’opposition. Il est la matière grise des agitateurs des régimes démocratiques maliens. Mais tout ne semble pas se passer comme il l’avait prévu. D’où son radicalisme. Pour le « dépité » Mariko Oumar, l’élu du parti Sadi à Kolondiéba, le régime IBK est « le problème du Mali ». La majorité présidentielle devrait laisser les maliens trouver une solution à « la malienne ».

A ce titre d’ailleurs,le parti Sadi et Mariko avec, pensaient que l’irruption des militaires et la plainte contre la CEDEAO et Dioncounda Traoré allait créer un nouvel ordre qui devrait leur être profitable. Grosse erreur d’appréciation. Aujourd’hui en pleine pérégrination, cet opposant aux abois a perdu toute intégrité. Tantôt il est avec la majorité présidentielle, tantôt il est avec l’opposition. Il aujourd’hui l’incarnation des hommes qui font la politique du ventre. Un tel personnage sulfureux devrait être éloigné de la Guinée qui est aujourd’hui loin de sa meilleure forme. La classe politique guinéenne ne saurait en faire un modèle.

Juste une souillure à éviter…

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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