Faya Millimono : « la CEDEAO est désormais un syndicat des chefs d’Etat »

La rencontre entre la mission conjointe CEDEAO-UA-ONU et le Front National pour la Défense de la Constitution (FNDC) s’est-elle soldée par un échec ?

En tout cas, tout porte à croire qu’il y a désormais une crise de confiance qui est en train de s’installer entre les représentants de ces institutions, et la plateforme de l’opposition et de la Société civile guinéenne.

Si la Cheffe de la mission de la CEDEAO a tenu à dire ses vérités aux représentants du FNDC, à propos du 3ème mandat, rappelant que désormais, ce problème est derrière nous, les leaders du Front ne voient pas dans la même trajectoire. Fidèle à sa vocation et déterminé à empêché une présidence à vie en Guinée, le FNDC compte poursuivre ses mouvements de protestation, malgré la mise en garde de l’institution sous régionale.

Pour Faya millimono, leader du Bloc Libéral, la CEDEAO st devenue un syndicat des Chefs d’Etat de la sous-région. A ce titre, elle joue un rôle de complicité dans la confiscation des pouvoirs en Afrique de l’Ouest au profit d’un clan : Extraits de la réaction de Faya Millimono peu après sa rencontre avec la mission conjointe:

« Il a été question d’une heure de vérité entre les délégations qui sont venues et le FNDC. Nous avons compté que la CEDEAO est désormais la CEDEAO du syndicat des chefs d’Etat. Surtout la CEDEAO du côté francophone. La côte d’Ivoire est aujourd’hui dans une tourmente. La Guinée la même chose. Et la CEDEAO donne carte blanche à ces coups d’Etat civile pour se réaliser. Nous leur avons dit que s’il y a coup d’Etat militaire ici, c’est eux qui auront été complices. Et qu’on les empêcherait de descendre ici pour venir nous dire ce qu’ils sont allés dire aux Maliens lorsque le peuple malien a été libéré par l’armée malienne. Ce n’était pas le peuple malien qui avait libéré le protocole de la CEDEAO. C’est le président malien qui l’avait fait. Comme le président guinéen est en train de le faire. Comme le président ivoirien est en train de le faire. Ça a été l’heure de vérité. Nous leur avons dit que tous les mémos que nous avons envoyés, ils les ont ignorés parce que la seule chose qui intéressait la CEDEAO, c’était de courir la forfaiture qui se faisait ici, aider. Et c’est pour cette raison qu’ils ont réduit le problème guinéen en un problème d’élection présidentielle. Nous sommes loin d’un problème présidentiel et le FNDC a promis que le combat continuerait (…) ils n’ont rien dit. Ils nous ont seulement donné la parole et nous leur avons dit ce que nous pensions. Et je crois qu’ils ont très bien compris le message. Nous avons félicité au passage les efforts que le Nigeria est en train de faire. Nous avons félicité le courage du président nigérian qui a élevé le ton. Mais ce n’est pas suffisant parce que l’Afrique francophone est en train de nous ramener à l’Afrique centrale. Nous ne voulons pas de Paul Biya en Afrique de l’ouest. Nous ne voulons pas de NGuéma en Afrique de l’ouest. Nous ne voulons pas de Sassou Nguesso en Afrique de l’ouest. Nous avions pensé que tout cela était derrière nous. Malheureusement, nous avons à faire aujourd’hui à une CEDEAO qui n’en vaut pas la peine honnêtement. », rapporte nos confrères de Guineenews.

Il reste à voir comment le FNDC va s’y prendre pour empêcher une réélection d’Alpha Condé alors que ses partisans misent sur un coup K.O dès le premier tour.

Ibrahima Sory Camara, www.kababachir.com

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