Fermeture des lignes aériennes vers Conakry : une « sottise » pour le ministre Fabius

PARIS-Après que les syndicats d’hôtesses et de stewards d’Air France ont exhorté « la fermeture de la desserte de Conakry » en Guinée, Laurant Fabius est monté au créneau. « Couper les ponts » en arrêtant les liaisons aériennes avec les pays d’Afrique touchés par Ebola serait une « sottise énorme ». Et pour cause, cela engendrait des « transports sauvages » qui dissémineraient davantage le virus, a affirmé dimanche à Pékin Laurent Fabius.

Mais M. Fabius a donc mis en garde contre ce « faux bon sens », préférant au contraire l’option « contre-intuitive » de « contrôles draconiens ». « Une réaction spontanée pourrait être de dire +là-bas il y a une épidémie et donc il faut couper absolument tous les liens+. Mais tous les spécialistes nous disent que, du point de vue même médical, ce serait une sottise énorme », a déclaré dans une conférence de presse le chef de la diplomatie française. « S’il n’y a plus aucune possibilité (de prendre l’avion), les gens vont sortir du pays en contrebande -si j’ose dire-, ils iront prendre l’avion dans un autre pays et, s’ils sont porteurs du virus, personne ne les contrôlera », a-t-il assuré.

Réunion des pays de l’UE sur Ebola

La France a procédé samedi aux premiers contrôles de température de passagers en provenance de Conakry, capitale de la Guinée, pays ouest-africain touché par Ebola. « Il faut organiser très fortement la prévention et le contrôle, mais, si on coupe les ponts, on organise des transports sauvages et alors on ne contrôle plus rien », a insisté M. Fabius, dont les discussions dimanche avec ses interlocuteurs chinois ont largement abordé le sujet d’Ebola. La France et la Chine, « très préoccupées » par la propagation du virus en Afrique, continent où elles partagent d’importants intérêts, ont annoncé renforcer leur lutte contre l’épidémie dans la recherche et l’aide humanitaire et sanitaire.

De la Chine où il a passé samedi et dimanche, Laurent Fabius doit se rendre directement au Luxembourg où les ministres européens des Affaires étrangères se réunissent lundi pour « galvaniser » la réponse européenne à l’épidémie d’Ebola, alors que le bilan de cette fièvre hémorragique dépasse les 4.500 morts selon l’OMS.

AFP

 

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