Fête de Tabaski : Conakry se vide au profit de l’intérieur du pays


A l’instar de leur coreligionnaire du monde, les fidèles musulmans guinéens s’apprêtent à célébrer la fête de Tabaski ou fête de mouton, prévue ce dimanche 11 Août 2019.

A cette occasion, ils sont nombreux ces guinéens qui cherchent à rallier la Guinée profonde pour célébrer la fête au village. C’est désormais une tradition pour bon nombre de guinéens qui ne veulent pas se faire raconter l’événement, ‘’la fête au village’’, comme si vous  y étiez !

Depuis le début de la semaine, les gares routières sont bourrées des passagers à la recherche des moyens de transport pour aller dans leurs préfectures d’origines malgré les moyens de bord. De même, sur les principales voies routières qui mènent les différentes régions et préfectures de la Guinée, on assiste à des embouteillages terribles par endroit. Un véritable parcours de combattant pour bon nombre de conducteurs, en cette période des grandes pluies.

Certains citoyens vont avec leurs propres véhicules, soit en partant avec des amis ou des membres de la famille et d’autres vont jusqu’à prendre des passagers pour faire le « clando », histoire de réduire le coût du carburant ou se trouver de l’argent de poche. Mais attention ! Il faut se rassurer d’être à jour, car c’est aussi une période propice pour la brigade mobile, postée dans différents endroits des axes routiers pour contrôler les documents des véhicules, au risque de vous faire payer cher des pénalités. D’autres par contre vont en moto, en raison d la rareté des taxis, malgré le risque.

Ibrahima Diallo explique son choix pour faire la fête à l’intérieur du pays : « C’est toujours un plaisir pour moi d’aller au village, surtout pendant cette fête de Tabaski. C’est l’occasion de fêter à côtés des nos parents et changer un peu de milieu et être loin de stress de Conakry. », Soutient ce jeune commerçant rencontré à la gare routière de Bambéto.

 Mais face à une forte demande pendant cette période, on est souvent confronté à rareté des taxis créés et entretenus par les chauffeurs eux-mêmes, pour en tirer un maximum de profit.

« Très souvent quand vous venez à la gare routière à la veille de la fête, il est difficile de trouver de taxis. On vous dit parfois, il n’y a pas de taxis. Or, certains taxis maitres profitent de cette situation en complicité avec certains syndicalistes, pour exiger des prix exorbitants, qui dépasse largement le  prix officiel. Ils créent la crise, et viennent stationner loin de la gare routière pour chercher finalement des passagers en imposant leur prix. Moi j’ai payé 150 000 FG pour aller à Pita l’année dernière alors que le prix officiel était à 120 000 FG », se souvient Diouma Barry qui préfère rester à Conakry cette année.

Interrogé sur le sujet par notre rédaction, un responsable du syndicat de transport rejette cette accusation. Abdoulaye Pathé Diallo rappelle qu’il ne revient au syndicat d’obliger un chauffeur à voyager. « On est débordé, Il y a des passagers, il n’ya pas de véhicule, les chauffeurs sont allés à l’intérieur du pays, il n’ya pas de retour, beaucoup d’entre eux veulent rester jusqu’après la fête. Ils ne peuvent pas revenir vide pour reprendre les passagers à Conakry. C’est au moment des fêtes qu’on a des crises », soutient-il. En ce qui est de l’augmentation du prix, le syndicaliste répond : « Non, Nous on n’a pas ça ici. Pita, Labé, Gongoré Maci, c’est 120 000 FG, Mamou c’est 70 000 FG, Dalaba 85 000 FG» tranche ce responsable du syndicat de transport de Bambéto.

En tout état de cause,  chacun se débouille de sa façon pour se rendre au village afin de célébrer cette importante fête musulmane.

Abdoul Wahab Barry, www.kababachir.com

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