Fin de cavale pour Aboubacar Sidiki Diakité «Toumba»

Alors que la semaine dernière le ministre de la Justice, Me Cheikh Sacko a promis l’ouverture prochaine, en 2017, du procès du massacre du 28 septembre 2009, l’ancien chef de la garde rapprochée du président autoproclamé de la Guinée Moussa Dadis Camara (2008-2009), le lieutenant Aboubacar Sidiki Diakité dit «Toumba» a été arrêté le weekend dernier à Dakar (Sénégal), après 7 ans de cavale.

L’annonce a été faite par les autorités sécuritaires et judiciaires sénégalaises. C’est au terme d’un mois de filature que les services de sécurité ont mis la main sur l’homme soupçonné d’être le principal coordinateur des massacres perpétrés le 28 septembre 2009 au stade de Conakry, qui avaient fait au moins 157 morts, une centaine de femmes violées, des dizaines de disparus et un millier de blessés, selon un bilan établi dans un rapport par les Nations-Unies.

La nouvelle de l’arrestation du fugitif suscite des réactions des victimes et des organisations de défense de droit de l’homme, même si le chemin devant mener jusqu’à la tenue du procès reste encore long. Mais cette arrestation constitue un pas en avant, espère une victime. «Une attente qui n’a que trop duré», réagit pour sa part Asmawou Diallo la présidente l’association des victimes qui réclame justice pour ces atrocités commises par des éléments de la garde presididentielle. Elle milite pour que le procès se déroule en Guinée. «Ce qui serait une grande avancée», estime-t-elle.

Le lieutenant Aboubacar Sidiki Diakité qui avait fui la Guinée après avoir tenté d’éliminer le chef de la junte militaire qui avait pris le pouvoir le lendemain de l’annonce du décès du président Lansana Conté en décembre 2008, le blessant grièvement à la tête le 3 décembre 2009 est un témoin clé dans ce dossier. Les hommes qui avaient débarqué ce jour-là au stade de Conakry où près de 50 000 opposants étaient réunis pour dire non à la candidature éventuelle du président du Conseil national pour la démocratie et le développement (CNDD), la junte militaire, à l’élection présidentielle de 2010 étaient sous ses ordres. La question que l’on se pose désormais est de savoir si cette arrestation du militaire permettra à la justice guinéenne d’accélérer le dossier.

Depuis plus de cinq ans, l’affaire est en instructions sans qu’elle ne connaisse véritablement une avancée. Dans les prochains jours, les autorités guinéennes prendront contact avec leurs homologues du Sénégal pour demander l’extradition de l’ancien fugitif qui, selon des informations obtenues par Radio France Internationale, vivrait depuis longtemps dans un quartier huppé de la capitale sénégalaise sous une fausse identité.

Thierno Diallo, Kababachir.com

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