Formation professionnelle : Damantang, un vendeur d’illusions !

« Nous ne voulons pas crier victoire trop vite mais, laissez-moi vous dire que la dernière visite du FMI en Guinée a été très intéressante. J’ai fait une tournée en Basse-Guinée dans le Kakandé (Boké), nous avons des projets majeurs qui vont générer beaucoup d’emplois. C’est entre 7 000 à 10 000 emplois si tous ces projets démarrent. D’ailleurs, je profite de cette occasion pour vous exhorter à orienter vos enfants dans les apprentissages des métiers. C’est là, l’avenir de la Guinée. »

Ce long extrait est du porte-parole du gouvernement. Albert Damantang Camara se révèle un être un réel vendeur d’illusions. Il est complètement déconnecté des réalités des écoles professionnelles du pays, même étant ce ministre qui s’occupe de ce secteur. En faisant un tour aujourd’hui dans écoles professionnelles de Donka, de Labé, etc. on est loin de l’autosatisfaction. Ici, on remarque des formateurs dépassés, là une obsolescence ou une absence d’équipements de travaux dirigés et des ateliers en ruine avancée. Des gros fonds ont été orientés dans ces écoles par des investisseurs mais sans jamais arrivés à bon port. De quelle formation professionnelle parle vraiment Damantang ?

Tous les CFP du pays sont devenus un conglomérat de vestiges crasseux. A Boké par exemple,  Guinéa Alumina corporation s’est retiré du financement du Centre de formation professionnelle. En cause : vol d’équipements. Cette situation interpelle le ministre Damantang Camara qui a dénoncé récemment, ce qu’il appelle «cannibalisation». Un comportement, selon lui qui a longtemps constitué la plaie de nos écoles. Comme solution, « Nous avons changé beaucoup de directeurs d’écoles et mis en place des procédures de contrôle. De même, notre inspection générale a été renforcée en formation et en outils de contrôle. Ces pratiques ont tendance à disparaître surtout que les apprenants, les parents d’élèves et les collectivités locales vont à présent être associés à la gestion de l’établissement grâce aux Conseils d’établissement. » Le ministre n’entend pas décevoir le partenaire Guinea Alumina Corporation et annonce que cette compagnie minière « a certes ralentit sa collaboration avec le CFP Boké mais elle continue à nous appuyer. Elle envisage d’ailleurs un autre projet de collaboration plus important avec notre système. »

Le Guinéen n’est pas dupe.

 

Jeanne FOFANA,www.kababachir.com

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