FUTURELEC devant les tribunaux: qu’en pense Sylla (UDG) ?

Le lourd dossier lié à Futurelec Holding a été récemment cité par le procureur Charles Wright. Le principal concerné, en l’occurrence Mamadou Sylla, acteur politique et opérateur économique de renom sous Lansana Conté se refuse tous commentaires. « Je ne commente pas ça parce que le dossier est dans la main de mes avocats. Vous savez, c’est une affaire qui dure depuis 17 ans. Elle a subi tout ce qu’elle a subi. Il y a eu neuf audits, on laisse ça aux avocats », s’est contenté d’affirmer Sylla UDG.

Depuis des décennies « l’affaire Mamadou Sylla » ne semble toujours pas avoir trouvé son épilogue. Même si, à un moment donné, l’opinion espérait vivre enfin, la fin de ce lourd contentieux. Surtout qu’un rapport définitif signé le 2 décembre 2005, après une contre-expertise demandée par le chef de l’État Lansana Conté à un groupe composé du secrétaire général à la présidence Fodé Bangoura, du ministre des Finances Madikaba Camara, du gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) Alkhaly Mohamed Daffé, et de Kémo Charles Zogbélémou.

On se rappelle que les conclusions se veulent sans appel : le montant de 181 milliards de francs guinéens (36 millions d’euros) – indûment payé à Elhadji Mamadou Sylla selon la première étude – correspond bien à des livraisons de matériel et à des prestations effectivement exécutées au bénéfice de l’État par Futurelec Holding, le groupe de l’homme d’affaires. Après avoir revu, dans le détail, les transactions entre les deux parties, le rapport du 2 décembre conclut que c’est désormais le Trésor public qui doit à l’entreprise 6,124 millions de dollars (5,2 millions d’euros) et 13,9 milliards de francs guinéens (environ 2,5 millions d’euros).

Ce dernier montant constitue le différentiel entre des livraisons de l’homme d’affaires évaluées à 29,075 milliards de francs guinéens (5,7 millions d’euros) et la somme de 15,121 milliards de francs guinéens (2,9 millions d’euros) qu’il doit à la BCRG.

Les résultats de la contre-expertise apportent un démenti au rapport d’audit remis le 16 août 2005 au chef de l’État par l’ancien gouverneur de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG) devenu consultant, KerfallaYansané. Lequel établit que Futurelec a frauduleusement soustrait aux finances publiques la somme de 181 milliards de francs guinéens indûment perçue en diverses monnaies (53,1 milliards de francs guinéens, 26,7 millions de dollars et 4,9 millions d’euros).

En guise de preuves, Yansané évoque « de graves violations des normes et procédures concernant la libre concurrence, la liberté de commerce, le code des marchés, le règlement général sur la comptabilité publique, et les statuts de l’institut d’émission qu’est la BCRG », ainsi que « des surfacturations, des risques de non-conformité technique des livraisons ou des livraisons fictives ». Émanant d’un professeur d’université réputé compétent, le rapport tenu secret ne pouvait être qu’un pavé dans la mare. Lire le lien suivant :

https://www.jeuneafrique.com/111288/archives-thematique/l-affaire-elhadji-mamadou-sylla/

De toute évidence, c’est la libération, le 16 décembre 2005, sur ordre du président lui-même, de l’homme d’affaires Mamadou Sylla et de l’ex-ministre Fodé Soumah, tous deux accusés d’avoir détourné 2 millions d’euros, qui a scandalisé un pays plongé dans un marasme endémique.Les deux hommes avaient été incarcérés dix jours avant leur libération par Lansana Conté. Il s’agit, d’abord, de Mamadou Sylla, l’ancien président du patronat guinéen, PDG du groupe Futurelec Holding, première fortune du pays et ami du chef de l’Etat. Inculpé de «détournements de deniers publics», il est soupçonné d’avoir détourné quelque 2 millions d’euros de la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG). L’autre, Fodé Soumah, est ancien ministre de la Jeunesse et des Sports, mais surtout ex-vice-gouverneur de la BCRG de 1994 à 2004. Il est inculpé de «complicité de détournement».

Des années après, Mamadou Sylla qui réclame à la Banque centrale de la République de Guinée (BCRG), le paiement d’un solde net de 19.794.619 USD  (dix-neuf millions sept-cent quatre-vingt-quatorze mille six cent dix-neuf dollars américain), dû par l’Etat. Mamadou Sylla a assigné la Banque centrale en Justice. Outre le paiement de la créance qui avoisine les 20 millions de dollars Us, le président du parti Union Démocratique de Guinée (UDG) réclamait en réparation des préjudices, la somme de dix milliards de francs guinéens à titre de dommages et intérêts.

Aujourd’hui, l’affaire est remise au goût du jour par le procureur Charles Wright. A quand donc l’épilogue ? Certainement, cette fois-ci ce serait la bonne. Du moins, c’est ce à quoi on s’attend. 

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