Gouvernance : Ces ex-opposants face à une rude épreuve des résultats

 

 

Ils ont passé 8 ans à dénoncer et critiquer le régime d’Alpha Condé sur sa gestion calamiteuse des affaires publiques, et à manifester pour exiger la bonne gouvernance, la lutte contre la corruption et la fraude électorale, avec des sacrifices humains et matériels incalculables.

 

Ces ex-opposants qui intègrent le gouvernement dirigé par Kassory sont désormais face à une rude épreuve d’obligation de produire des résultats.

 

Aboubacar Sylla aux transports et Mouctar Diallo à la Jeunesse, respectivement leader de l’UFC et de NFD, doivent maintenant prouver leur talent dans un gouvernement qui sera ‘’à l’écoute du peuple’’, comme l’avait promis le 08 mars dernier, le Président Alpha Condé.

 

Ces deux ex-députés de l’opposition, qui ont cherché de trouver un point de chute, avant la fin de leur mandat à l’Assemblée nationale, sont désormais face à leur responsabilité. Et le peuple observe avec la plus grande attention. Il faut désormais défendre ce qu’on avait critiqué il y a quelques années. Mais le peuple n’est pas dupe.

 

Aboubacar Sylla déclarait en début d’année : « ce que nous condamnons, c’est de prendre l’argent de la Guinée, vider les caisses publiques, pour aller organiser des réceptions à l’intérieur du pays.  D’après nos informations, ils ont eu à  dépenser près que 20 milliards de francs guinéens.  Cette somme peut construire plus de cent centres de santé et dans plus de cent villages qui vont bénéficier des soins de santé ».

 

Ce n’est pas tout ! le leader de l’UFC avait également déploré  le fait qu’au cours de cette réception tenue  à Kankan, aucun service de l’administration publique n’ait pu travailler. « Le premier ministre, les secrétaires généraux, les chefs de cabinets et les directeurs ferment leurs bureaux pour aller à Kankan, préparer l’arrivée du président de la République. Ils ne sont pas payés pour ça. L’argent des guinéens qu’on leur donne à la fin du mois c’est pour qu’ils travaillent dans leurs bureaux ici », avait dénoncé l’opposant.

 

Va-t-il faire exception à la règle en tant que membre du gouvernement au moment où Alpha Condé entretient le flou sur ses intentions d’un projet de 3ème mandat ?

 

Le même Aboubacar Sylla déclarait à ce propos : « nous avons décidé de créer un front contre ce troisième mandat. Nous n’allons pas attendre qu’il finisse de mettre tous ses dispositifs en place pour réagir. Nous allons lui montrer, avec tous ceux  qui nous supportent, que nous sommes contre ce troisième mandat qu’il envisage », accuse-t-il. Ajoutant de passage que c’est lui (Alpha Condé) qui a de façon ambiguë, douteuse et suspecte, répondu à un journaliste qui lui demandait s’il va faire un troisième mandat. Il a répondu : « Ah ! C’est le peuple qui va décider ».

 

Installé dans ses fonctions de ministre des Transports à la place d’Oyé Guilavogui, que fera Aboubacar Sylla ?

 

Quant à Mouctar Diallo, qui a été nommé ministre de la Jeunesse, sa promesse est de lutter contre l’immigration clandestine et promouvoir l’emploi des jeunes. Un grand fossé entre promesses et réalités, quant on sait que ce jeune politicien, sorti de nulle part pour devenir ministre par le hasard du destin, n’a aucun projet concret, aucune expérience administrative. Le seul atout dont dispose l’ex-opposant, devenu ‘’opposant positif’’, comme il le dit, est d’avoir osé en  2009 affronter l’ex-Chef de la junte militaire, le capitaine Dadis, qui était en perte de popularité, au regard de ses intentions de se porter candidat à la présidentielle de 2010.

 

Ses critiques à l’endroit du régime d’Alpha Condé

 

L’opposant n’était pas tendre avec le président Alpha Condé : «  Je me connais bien avec le Président Alpha Condé. Nous nous sommes pratiqués quand nous étions tous dans l’opposition. Tout acte qu’il (Alpha) pose vise une manipulation, une déstabilisation sur fond d’un calcul pour son intérêt particulier. Il n’est pas capable de hauteur de vue pour poser de grands actes, dans l’intérêt supérieur du peuple de Guinée. Quand il clignote à gauche, il tourne à droite. Il n’y a que la pression qui peut faire reculer Alpha Condé. »

 

C’est pourquoi, estime Mouctar Diallo, « Alpha Condé fait regretter le capitaine Moussa Dadis Camara qui était plus respectueux du droit que le professeur de droit qu’il est et s’en balance. Lui au moins, il consultait les gens.», déclarait l’opposant.

 

Désormais, ces deux ministres du gouvernement ‘’proche du peuple’’, doivent produire des résultats tant attendus par les populations. Et ce, à deux ans de la fin du second et dernier mandat présidentiel.

 

 Vont-ils défendre un éventuel projet de troisième mandat, au cas où le président Alpha Condé insisterait sur la reforme Constitutionnelle ?

 

En tout état de cause, quand on est membre du gouvernement, on assume tout acte qui sera pris ou on part.

 

Ibrahima Sory Camara, www.kababachir.com

 

 

 

 

 

 

 

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