Guillaume Curtis : par où est passée la tête de Turc ?

Un géant aux pieds d’argile. C’est à cette qualification qu’on a abouti, après le limogeage des plus inattendus de Guillaume Curtis, supposé être le neveu d’Alpha Condé, en juin dernier. Cela, suite à une vive tension palpable entre les deux hommes, due pour l’essentiel aux manœuvres néfastes d’un lobby de chefs d’entreprises et de hauts cadres de l’Etat qui faisaient fortune dans les marchés publics dont Guillaume Curtis avait la charge d’assainir.

Dans ce jeu d’intérêts devenu un panier à crabes Curtis s’y est jeté à corps perdu pour sauver des milliards GNF au compte du trésor. Mal lui en pris pendant qu’il se faisait craindre à travers son poste de DG de l’Autorité de régulation des marchés publics (ARMP) chargé essentiellement à faire respecter les règles de passation et de contrôle de la commande publique. Victime du fameux lobby qui a encensé Alpha Condé pour se sauver avec les fonds publics, Curtis devenu, entre-temps une tête de Turc, chute un soir de juin. Près d’un an après son dégommage, précipité par un lynchage médiatique, l’ancien DG de l’ARMP a disparu des écrans radar. Il est en train de moisir. Même s’il a encore tant à apporter à sa patrie. La soixantaine révolue, l’homme avait vraiment donné – n’en déplaise – à la régulation des marchés publics, une certaine réputation, laquelle a fini par s’effilocher au lendemain même de son limogeage rocambolesque.

Entêté selon ses proches, Guillaume Curtis ne voulait rien comprendre si ce n’est de rester droit dans ses bottes avec une une dose de rigidité pour mieux assainir le système. Il y a laissé hélas ses plumes « avec un goût d’inachevé », rappelait-il lors de la passation de témoin au petit Palais, sous une pluie battante. Curtis, la tête de Turc s’en est allé et son héritage, de l’avis de ses anciens collaborateurs, n’aura pas été sauvé. Tout a volé aux éclats à l’ARMP, « même la dignité », ironise un travailleur de la boîte, faisant allusion certainement aux huit mois d’arriérés de salaires comptabilisés sous le magister du nouveau patron de l’institution. Lequel se cache derrière ce qu’il appelle restructuration selon l’esprit du Décret 167, fixant missions et attributions de l’ARMP. Là-bas, ça sent du souffre avec un personnel stoïque, sans salaire, pris au dépourvu et, en désespoir de cause, en débandade honteuse mais… méritée.

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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