Guinea Airlines a un an : la compagnie pique du nez !

Le samedi 25 février 2017, Alpha Condé et les siens faisaient du bruit à l’aéroport de Conakry pour disait-on, lancer la compagnie Guinea Airlines sous la coupole d’Antonio Souaré, patron de Guinée Games et consorts. Il s’agissait d’un avion bi réacteur d’occasion de 50 places qui devrait explorer le ciel ‘’panafricain’’. Un an après, toujours rien.

Guinea Airlines peine toujours à décoller, à cause notamment de l’amateurisme et des effluves politiques qui accompagnent le projet. Dès le départ en effet, de nombreux doutes et interrogations sont restés concentrés chez nombreux Guinéens. A telle enseigne que le lancement mais surtout la viabilité a appelé à un optimisme vraiment mesuré. Le camp Condé voulait narguer Dalein Diallo sur qui il renvoie toutes les accusations concernant la vente d’Air Guinée, la défunte compagnie nationale.

Or, les mêmes questions sont restées sans réponse: cette compagnie est-elle le fruit d’un partenariat public-privé, parce qu’on parle de la France, de la Turquie entre autres ? Guinée Airlines dispose de combien d’avions ? Les aérodromes de Kankan, Labé, N’zérékoré, etc., sont-ils réceptifs aux avions du genre ? Cette flotte, comme c’en est une, assure-t-elle les voyages répétitifs d’Alpha Condé ou elle est à la solde de son géniteur, Antonio Souaré ? Enfin, a-t-on vraiment besoin de narguer des politiciens pour envoyer dans les airs des avions ‘’made in Guinée is back’’ ? Guinée Airlines est-elle différente d’Air Guinée dont parle Alpha Condé et son ministre aux fausses annonces, Oyé Guilavogui ? Le prix des billets seront-ils à la hauteur des Guinéens moyens ? Quelles garanties a-t-on pour la sûreté ? Jusqu’où la pesanteur du pouvoir va-t-elle tuer cette compagnie avec des voyages intempestifs de certains hauts perchés ?

Des questions et bien d’autres encore dont les réponses sont loin d’être trouvées mais qui alimentent la polémique. Un député s’était vite prononcé : « Un avion à réaction ne peut atterrir sur des pistes non bitumées », tranchait-il avant d’ajouter : « Un avion de cette taille (moins de cent places, selon des sources, NDLR) n’est pas financièrement rentable dans des conditions actuelles ». Kalémodou Yansané s’était tout de suite fait taper par le RPG. Un an après, on se rend compte que l’opposant a bien raison.

Les différentes critiques avaient même poussé Antonio Souaré de se faire peur, sous l’emprise d’une impitoyable panique, dans les airs … politiques en feu. On le sait, personne ne panique si tout se déroule selon le plan établi. Il reste que ce plan branle et le ciel s’assombrit. Guinea Airlines est cloué au sol, à défaut de naviguer à vue. Le patron de Guinée Games avait même menacé : « J’ai porté plainte contre lui (le journaliste, NDLR), je vais le poursuivre au niveau de la justice internationale, même pas guinéenne parce que je sais où il est installé. C’est irrespectueux quand quelqu’un travaille comme ça. » Sauf que, persiste-t-il par ailleurs, « La compagnie, elle est créée, elle est là, les avions sont disponibles, mais il y a des aléas. » Ces aléas sont-ils liés au nom cité – Mohamed Alpha Condé – dans les affaires ou à l’amateurisme avec lequel la compagnie ou de ce qui y ressemble veut faire du chemin en Guinée et ailleurs ?

En tout cas, le cas d’Alain Rigourd, le fameux partenaire du Groupe Business Marketing (GBM) appartenant à Antonio Souaré et Cie fait débat. Considéré pour les uns comme un « mercenaire dans le ciel africain », un « sulfureux » aux ambitions démesurées tant au Gabon, au Congo où il possède deux compagnies aériennes: Equajet basée à Brazzaville, et Equaflight Services à Pointe Noire, Alain Rigourd est loin d’être fiable. Il y a donc de quoi se faire du sang noir, en tentant de se faire peur pour certainement dissuader ceux qui creusent pour mettre à nue les péripéties de la mise en place de Guinea Airlines dont les liaisons prévues sont : Labé–Dakar-Banjul; N’zérékoré-Abidjan; N’zérékoré-Monrovia- Freetown; Kankan-Bamako-Abidjan; Siguiri-Bamako-Abidjan. On scrute toujours le ciel mais rien. Antonio le confirme en désespoir de cause : « Nos avions ne volent pas encore au niveau local, c’est parce que les aéroports ne sont pas prêts. » Le prix des billets seront-ils à la hauteur des Guinéens moyens ? Quelles garanties a-t-on pour la sûreté ? Jusqu’où la pesanteur du pouvoir va-t-elle tuer cette compagnie avec des voyages intempestifs de certains hauts perchés ? Guinée Airlines donne l’allure d’un business politique.

Coup de colère ou de grisou, Antonio avait tranché : « Guinea Airlines n’est pas une compagnie du gouvernement guinéen. Ce n’est pas une compagnie nationale, c’est une compagnie privée, créée par un groupe de société qu’on appelle Groupe Business Marketing (GBM) et qui appartient à un investisseur guinéen. » Pourtant, selon des sources dignes de foi, rapportées par Kaloumpress.com « Le gouvernement guinéen a signé fin janvier avec Ethiopian Airlines et ASKY Airlines « un partenariat stratégique » avec pour seule visée de faire décoller (enfin) Guinea Airlines. L’accord paraphé le 30 janvier par les trois parties porte principalement sur la gestion, la maintenance et la formation du personnel de la future compagnie guinéenne. »

Drôle d’amalgame !

Jeanne Fofana, www.kababachir.com

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